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Sheikh Ahmad Zarrûq -que Dieu, Exalté soit-Il, lui fasse miséricorde - dit dans ses Qawâ`id : 
« La négligence de l'examen de conscience induit l'enfoncement dans le mal, l'absence de questionnement entraîne l'auto-satisfaction, la sévérité avec soi provoque le rejet et la rébellion, et le laxisme conforte dans l'oisiveté. Il est donc indispensable de faire son examen de conscience et de se questionner, d'accomplir l'oeuvre accessible et correcte, sans laisser passer les erreurs manifestes et sans exiger l'accomplissement des oeuvres trop subtiles. Tire une morale de ce que tu vois te dictant ce dont tu dois t'abstenir ou ce que tu dois accomplir. Tire une morale de l'adage : « Celui dont le quotidien n'est pas meilleur que la veille est perdant. Celui qui n'est pas en croissance est en régression. L'oeuvre constante est une oeuvre croissante. D'où la parole d'Al-Junayd - que Dieu l'agrée- : 'Si un individu allait vers Dieu un an puis se détournait de Lui, il passerait à côté de choses supérieures à ce qu'il aurait récolté.' » 
Qawâ`id At-Tasawuf de Sheikh Ahmad Zarrûq, page 75. 
 
Shaykh Abdelwahid Ibn 'Ashir dit dans matn à propos de l'examen de conscience:
"Il doit scruter et demander des comptes à son âme charnelle à chaque souffle . | Il doit peser ses pensées avec rigueur. "
 
Shaykh Ibn 'Ajiba al-Hasani définit l'examen de conscience comme la méthode qui consiste à se blâmer soi-même des souffles et des moments perdus à autre chose qu'à obéir à Dieu de diverses manières.  Ceci pour évoluer avec clairvoyance et humilité dans la Voie qui mène à Allah et Sa satisfaction. S'occuper de ses  défauts innombrables et y remédier (au lieu de chercher les défauts des autres et les juger) nous épargne les maladies de la médisance, de l'orgueil et de l'ostentation. Le Prophète (paix et salut sur lui) nous a bien mis en garde contre le fait de suivre et chercher les défauts des autres:
 
حديث عبد الله بن عمر، قال: صعد رسول الله صلى الله عليه وسلم المنبر، فنادى بصوت رفيع، فقال: (يا معشر من قد أسلم بلسانه، ولم يُفْضِ الإيمان إلى قلبه، لا تؤذوا المسلمين، ولا تعيروهم، ولا تتّبعوا عوراتهم، فإنه من تتّبع عورة أخيه المسلم تتبع الله عورته، ومن تتبع الله عورته يفضحه ولو بجوف رحله) قال: ونظر ابن عمر يوماً إلى البيت أو إلى الكعبة، فقال: "ما أعظمك وأعظم حرمتك، والمؤمن أعظم حرمة عند الله منك
· أخرجه الترمذي (2032) وابن حـبان (5763) والبـغوي في شرح السنة (3526)
 
Pour Ibn 'Ajiba, la journée du cheminant vers Dieu se passe en trois temps : 
* La journée commence par la mise en condition lorsque le cheminant se dit en lui-même: 'Voici une nouvelle journée qui commence et qui sera témoin contre toi, efforce-toi donc, ô âme, de remplir chaque instant avec ce qui te rapproche de Dieu.' 
* Durant la journée, c'est la vigilance (muraqaba) qui doit être exercée en permanence. Le cheminant cherche la sincérité dans chacun de ses actes en empêchant le coeur de se laisser distraire. 
* A la fin de la journée, le cheminant pratique l'examen de conscience, en se remémorant ses fautes et ses insouciances, en se repentant et en essayant d'établir la présence divine dans le coeur. 

L'imam Ahmad rapporte une parole prononcée par Umar ibn al-Khattab, qu'Allah l'agrée : 
'Juge toi toi-même, avant d'être jugé; et pèse chacun de tes souffles dans la balance, avant que chacun de tes souffles ne soit soupesé. Quand tu devras rendre des comptes, ce sera plus facile pour toi si tu t'es déjà demandé des comptes. Fais tout cela avant d'arriver au Rassemblement Final car:
'Ce Jour-là, on vous fera comparaître sans que vous ne puissiez rien dissimuler !' (68, 18) 
et 
'Le Jour où chaque âme sera confrontée au bien et au mal qu'elle aura commis, elle souhaitera pouvoir mettre la plus grande distance possible entre elle et ses oeuvres.' (3, 30) 

Il y a deux façons de pratiquer l'examen de conscience: une avant d'agir et une après. 
L'examen de conscience avant d'agir se produit lorsque le cheminant hésite avant d'accomplir une action. Si l'action lui parait licite et bonne, il s'accomplit, sinon il s'abstient. 

Ibn 'Ashir dit à ce sujet dans son Matn:
"Il doit éviter de s'engager dans des affaires jusqu'à ce qu'il sache | ce qu’Allah a légiféré à leur sujet. "

Al-Ghazali considère qu'il existe 6 critères pour juger d'une action : 
* D'abord la sincérité, 
* La dévotion pour Dieu uniquement, 
* Suivre l'exemple du Prophète (S), 
* Faire attention à bien faire l'action, 
* Reconnaitre la bénédiction que Dieu nous a accordés en nous permettant d'accomplir l'action en question, 
* Et enfin, être conscient de notre propre faiblesse et que si Dieu qui décide de tout en dernier ressort. 

Les mérites de l'examen de conscience

L'examen de conscience permet d'identifier les fautes et les faiblesses de l'âme. 
Ne pas reconnaître ses fautes, ni les maladies de l'âme, rend impossible la progression. 

L'imam Ahmad rapporte que Abu Darda' a dit: 
'Personne ne peut acquérir une compréhension et une connaissance élevée tant qu'il ne déteste pas les gens qui sont éloignés de Dieu [i-e les actes des gens], et qu'il tourne toute son attention vers son âme et la déteste encore plus.' 

L'examen de conscience permet aussi de connaître les Droits de Dieu, et ainsi empêche le cheminant de croire que les qualités qu'il possède lui appartiennent et l'empêche d'être arrogant, vaniteux et satisfait de lui-même ('ujb). 
Cette attitude ouvre la porte de la soumission à Dieu et à l'humilité, permettant ainsi la purification de l'âme (tazkiya). 

On rapporte qu'Ibn al-Samma connut pour sa repentance dans la ville d'al-Ruqqa était un homme qui pratiquait scrupuleusement l'examen de conscience. Un jour, il fit ses comptes et trouva qu'il avait déjà atteint soixante ans. Il compta les jours et trouva qu'il avait déjà vécu 21500 jours. Il se mit à crier et à dire: Malheur à moi ! Je vais rencontrer le Roi avec 21500 jours ? Comment, alors qu'à chaque jour il y a 10000 péchés ? Puis il tomba évanoui et il mourut. Les gens, qui ont assisté à la scène, ont entendu une voix qui disait: quel merveilleux saut dans le paradis. 

Dans son livre Ruh al-Quds, Ibn Arabi rapporte l'histoire d'un soufi d'Andalousie célèbre, appelé Ibn Mujahid qui avait l'habitude tous les jours après la prière de Maghrib de noter tous ses actes de la journée, de les examiner un par un, puis se repentait de ses fautes et rendait grâce à Dieu pour Ses bienfaits. Ibn Arabi rapporte qu'il fut un grand shaykh et que beaucoup de saints sont entrés dans la Voie du repentir par son intermédiaire.

Par Tarik Abou Nour pour yawatani.com

 

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