Le Prix de la Fondation de l'Académie du Royaume du Maroc pour la coopération culturelle a été remis, jeudi à Rabat, à Mohamed Chafik, membre de l'Académie, ancien recteur de l'Institut royal de la culture amazighe (IRCAM) et spécialiste de la langue et de la littérature arabe et amazighe.

 

Ce prix décerné lors de la cérémonie de clôture des travaux de la 45e session de l'Académie du Royaume du Maroc, tenue du 24 au 26 avril sous le thème "L'Amérique Latine comme horizon de pensée", célèbre l'œuvre de Mohamed Chafik, auteur de plusieurs ouvrages de référence qui ont marqué le paysage culturel marocain.

"Mohamed Chafik est un grand militant des droits de l'Homme et un grand intellectuel qui a enrichi avec ses écrits consacrés à la spécificité marocaine, notamment la question amazighe, le répertoire national", a souligné le secrétaire perpétuel de l’Académie, Abdelajalil Lahjomri.

"C’est un penseur unique et incontournable, doté d’une intransigeance intellectuelle absolue. Il a assumé ses multiples responsabilités avec exigence et détermination, particulièrement dans le domaine de l’éducation", a-t-il relevé.

"C'est l’une des personnalités les plus marquantes dans le monde de la littérature et de la culture qui a œuvré pour la promotion de l'esprit d'ouverture et des valeurs humaines et la diversité culturelle et linguistique", a-t-il noté.

De son côté, Mohamed Chafik s'est dit très touché par cette distinction, la première de son genre, saluant les efforts déployés par l'Académie pour la promotion de la culture et la connaissance et l'ouverture sur de nouveaux horizons.

Né en 1926, dans la région de Sefrou, Mohamed Chafik s’est engagé dès son jeune âge dans le militantisme en faveur de l’indépendance du Maroc.

Diplômé, à la fois, en Histoire, en langue Arabe et en inspection pédagogique, Mohamed Chafik entame une carrière dans l’enseignement puis dans l'administration en tant qu'inspecteur scolaire. Il continue à gravir les échelons jusqu'à devenir, en 1967, inspecteur principal au ministère de l’Éducation nationale.

Entre 1970 et 1972, il est nommé sous-secrétaire d'État à l'Enseignement secondaire, technique et supérieur. En 1972, il devient secrétaire d'État auprès du Premier Ministre, avant de rejoindre le Cabinet Royal comme chargé de mission entre 1972 et 1976.

En 1980, il devient membre de l'Académie du Royaume du Maroc. Plus tard, lors de la création de l'Institut Royal de la Culture Amazighe (IRCAM), le 17 octobre 2001, le roi Mohammed VI le désigne Recteur de cet établissement, poste qu'il conserve jusqu’en novembre 2003.

Parallèlement à ce riche parcours dans la haute fonction publique, Mohamed Chafik s’est illustré dans le monde de la recherche, particulièrement dans le domaine de la culture Amazighe.

Tenue du 24 au 26 avril sous le thème "L'Amérique Latine comme horizon de pensée", la 45-ème session de l'Académie du Royaume du Maroc a été axée sur les nouvelles réalités économiques, politiques et culturelles dans cette région, avec un regard porté, plus particulièrement, sur la dynamique de ses relations avec le Maroc.

Plusieurs personnalités éminentes ont pris part à session, dont Luis Solari de la Fuente, ancien premier ministre du Pérou, Cristovam Ricardo Cavalcanti Buarque, sénateur brésilien, Edgardo Riveros Marin, vice-ministre des relations extérieurs du Chili, Luis Gonzales Posada, ancien ministre et ambassadeur du Pérou auprès de l'organisation des États américains, et Milton Cohen Henriquez Sasso, ambassadeur de la République du Panama en Espagne.

Cette session avait été précédée par un cycle de conférences thématiques et d'événements culturels encadrés par d'éminents hommes politiques, scientifiques et intellectuels, dont Fernando Collor De Mello, ancien président du Brésil, Marcelino Oreja Aguirre, président d'honneur de l'Académie royale des sciences morales et politiques d'Espagne, Carlos Antonio Carrasco, ambassadeur de la Bolivie auprès de l'UNESCO, et Ahmed Herzenni, ambassadeur itinérant du roi Mohammed VI.

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