Le bilan du Maroc en matière de droits de l'Homme est très contrasté, selon Human Rights Watch (HRW). Le royaume est l'un des pays "les plus ouverts" de la région, mais la situation s'est "globalement détériorée" en 2009.
"Le Maroc a connu, depuis le début des années 1990, des avancées dans le domaine des droits de l'Homme et a été l'un des pionniers en la matière par rapport aux autres pays de la région", a déclaré mercredi Sarah Leah Whitson, directrice de la division Moyen-Orient/Afrique du Nord à HRW. Elle s'exprimait lors de la présentation à Rabat du rapport 2009 de HRW sur le royaume.
Mme Whitson a reconnu que le Maroc jouissait de "la liberté de la presse et d'une société civile dynamique" et s'est félicitée de l'annonce par le roi Mohammed VI d'une réforme de la justice, appelant "toutes les composantes de la société marocaine à contribuer à la réussite de ce processus".
Dans son rapport, l'ONG américaine se montre toutefois très critique envers la justice marocaine. "Le gouvernement, aidé par des tribunaux complaisants, a utilisé une législation répressive pour punir et emprisonner des opposants non violents, en particulier ceux qui (critiquent) le roi ou la monarchie, (...) la 'marocanité' du Sahara occidental, ou (...) l'Islam", affirme ainsi HRW.
Le rapport de HRW a été immédiatement critiqué par le ministre marocain de la Communication et porte-parole du gouvernement Khalid Naciri. Il a invité les ONG internationales "à plus de recul et d'objectivité", leur reprochant en outre "un discours superficiel" et "une approche sélective" pour parler des "défauts du Maroc".
Situation très grave en Algérie
Human Rights Watch a d'autre part qualifié de "très grave" la situation des droits de l'Homme en Algérie. L'organisation a particulièrement fustigé les restrictions imposées à la société civile et à la presse, ainsi que le silence entourant les violations des droits humains.
"Sous état d'urgence depuis 1992", l'Algérie a "continué de connaître des violations généralisées des droits humains", a ainsi affirmé le directeur adjoint de la division MENA Eric Goldstein.
"Les ONG ne peuvent même pas tenir des réunions ou des ateliers dans les lieux publics", a-t-il déploré. "En Algérie, on a interdit toute discussion sur le passé et c'est très grave".
"Il est interdit de parler de la 'décennie noire'. Les familles des disparus ne peuvent pas demander la vérité sur le sort de leurs proches", a-t-il dit.
hrw.org

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