Accueil Politique-Economie Politique Marocaine Une ministre marocaine 'communiste' dans le collimateur des 'islamistes'

Une ministre marocaine 'communiste' dans le collimateur des 'islamistes'

Envoyer Imprimer PDF
Photo illustrant l'Article Une ministre communiste et féministe iconoclaste est la cible depuis quelques semaines de prêcheurs islamistes marocains pour s'être interrogée en Conseil des ministres sur les désagréments sonores causées aux touristes par l'appel à la prière de l'aube.

La semaine dernière, l'imam d'une mosquée de Sidi Slimane, à 100 km au nord-est de Rabat, a prédit que Nouzha Skalli, ministre du Développement social, de la Famille et de la Solidarité, "sera paralysée" pour ses propos, et vendredi, à Casablanca, un autre imam a assuré son auditoire de la "volonté de la ministre d'attaquer les musulmans et l'islam".

Selon Al-Bayane, quotidien du Parti du Progrès et du Socialisme (PPS, ex-communiste), qui rapporte samedi ces incidents, l'imam de Casablanca a poursuivi son prêche en soulignant que Mme Skalli "faisait partie des 12 femmes qui ont été choisies dans le monde pour recevoir le Prix de la défense des droits de la femme par le Danemark, pays qui attaque l'islam avec les caricatures du prophète Mahomed".

Plusieurs sites islamistes se sont déchaînés contre elle. Ainsi sur "Ikhlas" (fidélité), un dénommé Faris se demande comment "une communiste-socialiste a le droit de gouverner les musulmans et que fait une communiste dans un gouvernement musulman".

"Cette campagne haineuse est menée par des gens qui sont gênés par mon combat pour la promotion des droits des femmes. Ils utilisent une fausse rumeur pour m'attaquer en prétendant que je veux interdire l'appel à la prière d'al-fajr (l'aube)", a déclaré la ministre à l'AFP.

Mme Skalli, une pharmacienne de 58 ans qui n'a pas sa langue dans sa poche, a adhéré au Parti communiste marocain à l'âge de 18 ans. Elle est actuellement membre du bureau politique du PPS. Elle a été députée en 2002, mais elle est surtout une militante inlassable en faveur des droits des femmes.

Lors du conseil de gouvernement du 18 mars, la ministre avait soulevé la question des normes régulant les décibels de l'appel par haut-parleur depuis les minarets à la prière et la durée de l'appel. "Il n'est pas interdit de soulever ce genre de questions et je n'ai jamais eu l'intention de remettre en cause l'appel à la prière d'al-fajr", a-t-elle dit.

Pour sa part, le ministre des Habous et des Affaires islamiques Ahmed Toufik a indiqué à la presse que cette question avait été posée lors d'un débat au gouvernement sur un décret d'application de la loi relative à la construction des lieux de culte musulman.

Le ministre de tutelle a souligné que la question des décibels a été réglée il y a deux ans par un avis du Conseil des ouléma (théologiens) stipulant que "lors de l'appel à la prière d'al fajr, le volume du son des haut-parleurs doit être baissé à son plus bas niveau, à plus forte raison quand les haut-parleurs se trouvent à proximité des hôpitaux et des résidences de personnes qui ne sont pas de confession musulmane".

Selon une étude récente sur les pratiques religieuses des Marocains intitulée "L'islam au quotidien", 91% se sont dits favorables à l'usage des hauts-parleurs pour appeler à la prière de l'aube... mais seulement 25% effectuent cette prière à la bonne heure.

Source:AFP
Commentaires (0)add comment

Ecrivez un commentaire
Réduire l'éditeur | Agrandir l'éditeur

busy
 

Ecouter la Radio

Derniers messages

Plus de sujets »

Infolettre Yawatani

Nous avons 279 invités en ligne

 

L'Aviation civile et militaire

Quant à l’aviation civile on retient, mis à part le projet de privatisation de la ...

 

Composition du Conseil de la Communauté marocaine à l'étranger

Voici la liste des membres du Conseil de la Communauté marocaine à l'étranger qui compt...