Le gouvernement d'Abdelilah Benkirane est, semble-t-il, entré dans une phase de crise pour l'issue de laquelle toutes les options peuvent être envisagées, jusques-y compris le passage du PJD dans l'opposition.
Cette possibilité est apparue après les pressions qu'aurait subies le PJD et qui auraient atteint un seuil intolérable, et surtout après la mystérieuse sortie médiatique d'Abbas el Fassi, le secrétaire général de l'Istiqlal, qui a déclaré que ses concertations avec Benkirane ne sont pas terminées, et réaffirmé qu'il n'avait remis aucune liste de noms de cadres de son parti au chef du gouvernement, à l'inverse de ce que dit ce dernier qui assure que la liste définitive a été soumise au palais pour approbation.
Selon une source informée, Abbas el Fassi aurait reçu des "signaux" pour revenir sur ses engagements avec Benkirane, au moment où d'autres personnes affirment que les négociations des partis avec le chef du PJD sont "contrôlées", ou "télécommandées" par des gens extérieurs à la coalition de la majorité.
Par ailleurs, les directions des deux partis observent le mutisme le plus total au sujet des tractations menées autour de l'attribution du ministère de l'Equipement et des Transports, que le chef du gouvernement a retiré à l'Istiqlal, au profit du PJD.
Au sein du parti d'el Fassi, des sources indiquent que le Secrétaire général a pris contact, voilà trois jours, avec plusieurs de ses cadres pour leur demander de lui adresser leur CV, en vue éventuellement de leur confier le ministère de l'Agriculture et de la Pêche, ce qui fait dire à plusieurs membres du Comité Exécutif de l'Istiqlal qu'Abbas el Fassi, en demandant leur CV à ces cadres, était informé de l'attribution de l'Agriculture et de la Pêche, et l'avait donc accepté. "Les pleurnicheries du Secrétaire général devant les membres du Comité Exécutif n'étaient donc que poudre aux yeux", d'où un grand ressentiment dans les rangs du parti nationaliste face à la manière avec laquelle a été gérée la négociation pour le gouvernement avec Benkirane.
Abbas el Fassi avait proposé pour le poste de ministre de l'Agriculture et de la Pêche les noms d'Adil Douiri, un nom relativement rejeté au parti de l'Istiqlal, et celui de Najib Mikou, le directeur général de l'Office de commercialisation et d'exportation.
Al massae