· Le PAM a remporté 8 présidences
· Le RNI et l’Istiqlal obtiennent 5 chacun
· La formation d’El Himma a verrouillé son entrée à la Chambre des conseillers
Les Chambres de commerce, d’industrie et de services ont bouclé toute l’opération électorale. On connaît d’ores et déjà les noms et l’appartenance politique des présidents des 28 Chambres que compte le pays. Premier constat à l’issue des résultats définitifs: le renouvellement incontestable des présidents de Chambres. En effet, 50% d’entre eux sont de nouveaux venus. C’est le cas dans les grandes villes comme Casablanca, Fès ou Marrakech par exemple. Par contre, à Oujda ou Agadir, on a préféré la reconduction des anciens présidents.
Autre enseignement, le rajeunissement des présidents et des élus de manière générale. Idem pour le niveau d’instruction et de formation qui s’est amélioré avec cette fois-ci une présence féminine plus importante que par le passé, souligne Driss Haouat, président sortant de la Fédération des Chambres de commerce. Celui-ci a été reconduit comme président de la Chambre de commerce d’Oujda, sous les couleurs du RNI. Pour sa candidature à la présidence de la Fédération, il n’a pas encore décidé s’il brigue ou non encore une fois un mandat. Selon lui, l’essentiel est de mettre en place une équipe qui travaille pour mettre en œuvre les recommandations des Assises des Chambres de commerce, tenues à Rabat l’année dernière. L’une d’entre elles concerne la révision du code électoral pour l’élection des présidents et des membres du bureau des Chambres. Sur ce dernier registre, la priorité sera donnée au système de liste qui permet d’avoir une majorité homogène pour appliquer son programme. Or, pour cette élection comme pour les précédentes, il n’a pas été question de programme électoral.
Il est à préciser que pour l’élection du nouveau président de cette fédération, il faudra attendre début septembre, conformément aux statuts. Un délai d’un mois entre la constitution des bureaux des Chambres et du patron de la Fédération sera nécessaire.
Autre fait ayant marqué cette élection, la grande implication des partis politiques. Si par le passé les rapprochements répondaient à des initiatives personnelles pour la présidence de telle ou telle Chambre, cette fois-ci les choses ont pris une autre dimension. En effet, les alliances politiques ont été déclarées, avec l’implication des états-majors. Et pour cause, les enjeux sont de taille. Les Chambres professionnelles envoient leurs représentants dans les assemblées provinciales et dans les Conseils régionaux. Et surtout elles permettent l’entrée au Parlement via le renouvellement du tiers de la Chambre des conseillers, prévu début octobre prochain. Pour une grande partie de ces élus, l’intérêt dans l’opération est de devenir parlementaire. Les partis ont pris conscience de cette donne et se sont lancés corps et âme dans la bataille. Ainsi, pour les présidences des Chambres de commerce, c’est le Parti de l’authenticité et modernité (PAM) qui est arrivé en tête. Le nouveau parti initié par les amis de Fouad Ali El Himma a remporté 8 présidences de Chambres dont certaines comptent dans l’économie marocaine. Il s’agit notamment de celle de Casablanca présidée par Hassan Berkani, celle de Marrakech (Kamal-eddine Fahir) et celle de Mohammédia (Karim Maâzouzi). Cette percée spectaculaire du PAM, à l’image de son exploit lors des élections communales, risque de créer la surprise lors du renouvellement du tiers de la Chambre des conseillers. Selon tous les pronostics, le PAM aura le groupe parlementaire le plus important à la deuxième Chambre. Ce qui le mettra en appétit pour disputer le perchoir au RNI, l’allié d’hier, un adversaire d’aujourd’hui. En clair, le parti cherchera à porter son secrétaire général Mohamed Cheikh Billadillah à la présidence de la Chambre des conseillers, occupée actuellement par Maâti Benkaddour du RNI.
En tout cas, le PAM est suivi du RNI et de l’Istiqlal, à égalité avec 5 présidences pour chaque parti. De plus près, l’Istiqlal contrôle les Chambres de villes plus importantes comme Rabat, Agadir, Fès, Laâyoune et Errachidia. Le RNI est maître à Oujda, Tétouan, Meknès, Settat ou encore Khémisset. Quant aux partis comme le MP, l’UC ou encore l’USFP, ils ont à peine décroché 2 présidences chacun. Idem pour les sans appartenance politique qui contrôlent Tanger et Nador. Sur ce registre, il est à préciser que certains SAP ont dû intégrer un parti politique en vue de décrocher la présidence.
L'Economiste

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