· Notables et militants Observer, attendre et enfin cueillir le fruit mûr lorsqu'il est tombé de lui-même. Telle semble la stratégie du nouveau mouvement. Le MTD suscite l'engouement. Il laisse venir vers lui des initiatives clés en main. Après six mois de création, le mouvement n'a pas encore de structures locales. Tout au plus un bureau national dont les membres se sont répartis les rôles en fonction de leurs sensibilités personnelles et domaines d'action respectifs. Tous participent aux débats.
Le mouvement compte de nombreux stratèges mais personne ou presque ne revendique ce rôle. Pour tous, Fouad Ali El Himma est la tête pensante du mouvement, intra-muros on soutient que «tous participent à la réflexion et personne n'impose son point de vue». Le laboratoire de réflexion, comme on aime à le considérer de l'intérieur, est surtout là pour impulser la réflexion et... l'action.
Sur un plan local, des associations, lasses d'attendre une initiative du MTD de les instituer en antennes régionales ou instances affiliées, se sont constituées en réseau et agissent sous l'?il bienveillant de ses responsables.
Au nom des principes prônés par ces derniers. Le résultat de cet activisme local, lorsqu'il est efficace, est alors revendiqué, voire approprié.
C'est cette dynamique qui a abouti aux Rhamna. La démarche est doublement bénéfique au mouvement et à son aile politique le PAM. L'ancrage local est ainsi une réalité. Une manière on ne peut plus efficace de se préparer au rendez-vous des communales en 2009 et partant à celui des législatives en 2012.
La démarche qui s'appuie sur une expérience de terrain du tissu associatif rappelle étrangement celle du PJD. Le parti, aujourd'hui dirigé par Abdelilah Benkirane, a tissé sa toile de fond dans tout le pays.
«Le PAM lave-t-il plus blanc?»
Les associations proches du parti sont d'un grand appui en ce qui concerne le recrutement, l'embrigadement et donc le vote électoral. Elles travaillent toute l'année et intensifient leur action en période préélectorale. Cette réalité inspire un commentaire amer à un disciple de la gauche. «Cela va se passer de la même façon pour les prochaines élections: même la mort, on le sait, est utilisée pour glaner des voix électorales. Aujourd'hui l'INDH sert aussi à glaner des voix...». Une manière de suggérer que les associations travaillant sur des opérations liées à l'INDH seraient acquises à la cause des nouveaux arrivants. «Y aura-t-il quelqu'un pour expliquer que les cartables et fournitures scolaires distribués en cette rentrée ne sont pas du fait du ministre de l'Education nationale, lui-même membre du bureau politique du PAM et président du MTD?» ironise-t-il. Pour ce partisan de gauche, le PAM n'a aucunement montré qu'il s'écarte des pratiques et méthodes qu'il n'a de cesse de dénoncer. Et de souligner que le groupe parlementaire constitué autour des trois députés des Rhamna n'a pas été trop regardant sur les profils des membres qu'il recrutait. «Lorsqu'ils sont chez nous ils sont sales, lorsqu'ils adhèrent au groupe Authenticité et modernité ils deviennent propres. Le PAM lave-t-il plus blanc?» ironise-t-il.
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Chercher le programme
Après des mois de cogitation, l'offre politique comme on aime à la présenter, est apparue au grand jour. Un parti politique qui a absorbé cinq autres petites formations et qui dans la foulée fait son baptême électoral. Pour ce qui est du contenu idéologique de cette offre, c'est encore le flou.
Des généralités sont servies lors de la première sortie médiatique des responsables du PAM. Les mêmes principes généraux de volonté de contribuer au succès du projet démocratique et moderne. Les conservatismes, on l'aura compris, sont dans l'?il de mire. De quelle façon et par quels moyens le parti compte-t-il y arriver ? On ne le saura pas encore.
Pour prendre connaissance du contenu du programme politique, il faudra attendre la tenue du congrès constitutif du parti. Celui-ci est programmé avant la fin de l'année. Les documents seront-ils prêts à ce moment là? Oui, assure-t-on au sein du PAM. «D'éminents experts», dont de propres membres du MTD, auraient été sollicités pour plancher sur la question. Ils travailleraient sous contrat selon un cahier des charges en bonne et due forme. C'est qu'au MTD et partant au PAM on est rompu aux pratiques modernes de management politique.
On nous promet même une «nouvelle doctrine économique». Mais on saura, par quelques indiscrétions, que ce programme privilégie l'action de proximité. Tant au niveau économique que social. «Le politique a toujours été un facteur de blocage», nous déclare un membre du PAM. D'où l'urgence selon lui de dépasser cette situation et d'agir directement sur le terrain. La régionalisation est-elle une option de choix dans ce programme? Il faudra attendre pour voir.
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Le label Maroc
Le parti a choisi de fusionner avec des partis de notables. L'intention est-elle de s'appuyer sur leur pouvoir en région pour s'assurer des sièges électoraux? A l'évidence oui, répondent les détracteurs du parti.
Au MTD et au PAM on aime à répéter qu'il s'agit d'une réalité sociale avec laquelle il faudra composer. Habib Belkouch, membre du MTD et du PAM, estime que chacun a sa chance du moment qu'il agit pour la consolidation de la construction Maroc. Ce label du Maroc nouveau pour lequel déclarent ?uvrer les nouveaux arrivants sur la scène politique suscite des sourires entendus chez leurs détracteurs politiques.
Les militants du PJD sont les premiers montés au créneau pour souligner que personne n'a le monopole dans ce domaine. Le Maroc appartient à tous. Abdelouahed Souhaïl, membre du bureau politique du PPS, pousse l'analyse plus loin.
«Pour avoir une telle assurance, il faut qu'ils soient majoritaires dans le pays et qu'ils soient assez puissants pour faire face aux lobbies», souligne-t-il. Les militants du MTD et plus tard du PAM soutiennent qu'ils agissent au nom de la majorité silencieuse, dit-il, en référence aux 63% des non-votants aux dernières législatives.
Souhaïl attire l'attention sur le fait de délégitimer le processus électoral. «Dans le monde entier c'est une minorité qui va aux urnes et qui choisit ceux qui dirigent les affaires publiques sans que cela ne soit un drame comme c'est présenté chez-nous», déclare-t-il. Le membre du BP du PPS s'interroge enfin au sujet de l'offre politique que présente aujourd'hui le PAM. «Quelle offre et pour qui? Quelle classe sociale veut-on servir, celle de la bourgeoisie ou des bidonvillois? Et de quelle économie de proximité parle-t-on, proximité à la CGEM ou à Addoha?» A ces interrogations aucune réponse de la part du PAM.
Aux dernières nouvelles, son programme est en cours d'élaboration. On ne pourra en prendre connaissance qu'au moment du congrès constitutif du parti prévu au mois de novembre.
L'EconomisteObserver, attendre et enfin cueillir le fruit mûr lorsqu'il est tombé de lui-même. Telle semble la stratégie du nouveau mouvement. Le MTD suscite l'engouement. Il laisse venir vers lui des initiatives clés en main. Après six mois de création, le mouvement n'a pas encore de structures locales. Tout au plus un bureau national dont les membres se sont répartis les rôles en fonction de leurs sensibilités personnelles et domaines d'action respectifs. Tous participent aux débats.
Le mouvement compte de nombreux stratèges mais personne ou presque ne revendique ce rôle. Pour tous, Fouad Ali El Himma est la tête pensante du mouvement, intra-muros on soutient que «tous participent à la réflexion et personne n'impose son point de vue». Le laboratoire de réflexion, comme on aime à le considérer de l'intérieur, est surtout là pour impulser la réflexion et... l'action.
Sur un plan local, des associations, lasses d'attendre une initiative du MTD de les instituer en antennes régionales ou instances affiliées, se sont constituées en réseau et agissent sous l'?il bienveillant de ses responsables.
Au nom des principes prônés par ces derniers. Le résultat de cet activisme local, lorsqu'il est efficace, est alors revendiqué, voire approprié.
C'est cette dynamique qui a abouti aux Rhamna. La démarche est doublement bénéfique au mouvement et à son aile politique le PAM. L'ancrage local est ainsi une réalité. Une manière on ne peut plus efficace de se préparer au rendez-vous des communales en 2009 et partant à celui des législatives en 2012.
La démarche qui s'appuie sur une expérience de terrain du tissu associatif rappelle étrangement celle du PJD. Le parti, aujourd'hui dirigé par Abdelilah Benkirane, a tissé sa toile de fond dans tout le pays.
«Le PAM lave-t-il plus blanc?»
Les associations proches du parti sont d'un grand appui en ce qui concerne le recrutement, l'embrigadement et donc le vote électoral. Elles travaillent toute l'année et intensifient leur action en période préélectorale. Cette réalité inspire un commentaire amer à un disciple de la gauche. «Cela va se passer de la même façon pour les prochaines élections: même la mort, on le sait, est utilisée pour glaner des voix électorales. Aujourd'hui l'INDH sert aussi à glaner des voix...». Une manière de suggérer que les associations travaillant sur des opérations liées à l'INDH seraient acquises à la cause des nouveaux arrivants. «Y aura-t-il quelqu'un pour expliquer que les cartables et fournitures scolaires distribués en cette rentrée ne sont pas du fait du ministre de l'Education nationale, lui-même membre du bureau politique du PAM et président du MTD?» ironise-t-il. Pour ce partisan de gauche, le PAM n'a aucunement montré qu'il s'écarte des pratiques et méthodes qu'il n'a de cesse de dénoncer. Et de souligner que le groupe parlementaire constitué autour des trois députés des Rhamna n'a pas été trop regardant sur les profils des membres qu'il recrutait. «Lorsqu'ils sont chez nous ils sont sales, lorsqu'ils adhèrent au groupe Authenticité et modernité ils deviennent propres. Le PAM lave-t-il plus blanc?» ironise-t-il.
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Chercher le programme
Après des mois de cogitation, l'offre politique comme on aime à la présenter, est apparue au grand jour. Un parti politique qui a absorbé cinq autres petites formations et qui dans la foulée fait son baptême électoral. Pour ce qui est du contenu idéologique de cette offre, c'est encore le flou.
Des généralités sont servies lors de la première sortie médiatique des responsables du PAM. Les mêmes principes généraux de volonté de contribuer au succès du projet démocratique et moderne. Les conservatismes, on l'aura compris, sont dans l'?il de mire. De quelle façon et par quels moyens le parti compte-t-il y arriver ? On ne le saura pas encore.
Pour prendre connaissance du contenu du programme politique, il faudra attendre la tenue du congrès constitutif du parti. Celui-ci est programmé avant la fin de l'année. Les documents seront-ils prêts à ce moment là? Oui, assure-t-on au sein du PAM. «D'éminents experts», dont de propres membres du MTD, auraient été sollicités pour plancher sur la question. Ils travailleraient sous contrat selon un cahier des charges en bonne et due forme. C'est qu'au MTD et partant au PAM on est rompu aux pratiques modernes de management politique.
On nous promet même une «nouvelle doctrine économique». Mais on saura, par quelques indiscrétions, que ce programme privilégie l'action de proximité. Tant au niveau économique que social. «Le politique a toujours été un facteur de blocage», nous déclare un membre du PAM. D'où l'urgence selon lui de dépasser cette situation et d'agir directement sur le terrain. La régionalisation est-elle une option de choix dans ce programme? Il faudra attendre pour voir.
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Le label Maroc
Le parti a choisi de fusionner avec des partis de notables. L'intention est-elle de s'appuyer sur leur pouvoir en région pour s'assurer des sièges électoraux? A l'évidence oui, répondent les détracteurs du parti.
Au MTD et au PAM on aime à répéter qu'il s'agit d'une réalité sociale avec laquelle il faudra composer. Habib Belkouch, membre du MTD et du PAM, estime que chacun a sa chance du moment qu'il agit pour la consolidation de la construction Maroc. Ce label du Maroc nouveau pour lequel déclarent ?uvrer les nouveaux arrivants sur la scène politique suscite des sourires entendus chez leurs détracteurs politiques.
Les militants du PJD sont les premiers montés au créneau pour souligner que personne n'a le monopole dans ce domaine. Le Maroc appartient à tous. Abdelouahed Souhaïl, membre du bureau politique du PPS, pousse l'analyse plus loin.
«Pour avoir une telle assurance, il faut qu'ils soient majoritaires dans le pays et qu'ils soient assez puissants pour faire face aux lobbies», souligne-t-il. Les militants du MTD et plus tard du PAM soutiennent qu'ils agissent au nom de la majorité silencieuse, dit-il, en référence aux 63% des non-votants aux dernières législatives.
Souhaïl attire l'attention sur le fait de délégitimer le processus électoral. «Dans le monde entier c'est une minorité qui va aux urnes et qui choisit ceux qui dirigent les affaires publiques sans que cela ne soit un drame comme c'est présenté chez-nous», déclare-t-il. Le membre du BP du PPS s'interroge enfin au sujet de l'offre politique que présente aujourd'hui le PAM. «Quelle offre et pour qui? Quelle classe sociale veut-on servir, celle de la bourgeoisie ou des bidonvillois? Et de quelle économie de proximité parle-t-on, proximité à la CGEM ou à Addoha?» A ces interrogations aucune réponse de la part du PAM.
Aux dernières nouvelles, son programme est en cours d'élaboration. On ne pourra en prendre connaissance qu'au moment du congrès constitutif du parti prévu au mois de novembre.
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