
Alors que la fête du trône sera reconnu officiellement en 1955, les marocains l'ont fêté officieusement dès les années trente. La revue «L'action du peuple», voix des marocains, dans le numéro 12 du 20 octobre 1933, fait paraître la photographie de sa majesté, Feu Mohammed V, avec le passage suivant :
«Nous publions ci-dessus le portrait de sa majesté le sultan du Maroc sidi Mohamed, le jeune souverain a succédé à son père défunt, Moulay Youssef, le 18 novembre 1927. C'est dire que, dans quelques jours, on pourra organiser de grandes fêtes pour célébrer l'anniversaire de l'accession de sidi Mohamed au trône chérifien. Ainsi le 18 novembre sera la fête du trône».
«L'action du peuple» consacre des articles à la fête du trône dans ses numéros 15, 16, 17 et 18 et organise une réception dans le café de Boujloud. Pour la première fois, le 18 novembre 1933, la fête du trône est célébrée à la demande des Marocains. Ainsi, cette fête est symbole d'union et de cohésion entre toutes les «entités marocaines», que la politique coloniale a essayé de fragiliser. Pour assoir sa légitimité, le protectorat a tenté de diviser le Maroc et les Marocains entre marocain traditionnel et marocain moderne, marocain urbain contre son frère rural, marocain arabe contre marocain berbère. La fête du trône est symbole d'union et de cohésion entre tous les marocains.
CHIHAB Youssef, Yawatani.com
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Commentaires (1)

MFA
said:
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Précisions Bonjour, J'aimerais ajouter des précisions par rapport aux informations données par l'auteur de l'article, M. Chihab. "L'action du peuple" est présentée, par l'auteur, comme voix des marocains dans les années trente, ce qui n'est pas vrai. Cette revue était éditée sous la direction de Mohammed Hassan Al Wazzani qui n'était autre que l'adversaire historique du très connu Allal Al Fassi. La revue représentait donc une ligne politique de l'époque et non pas les marocains. Contrairement à Allah Al Fassi qui demandait d'abord l'indépendance du Maroc avant de parler de l'avenir politique du pays, Mohammed Hassan Al Wazzani avait choisi une ligne totalement différente qui consistait à demander d'abord une constitution pour le Maroc qui aboutirait et préparerait ensuite son indépendance. La ligne de Al Wazzani a été farouchement combattue par Allal Al Fassi et d'autres car elle impliquait des garanties juridiques d'avoir une monarchie constitutionnelle à l'indépendance et d'éviter ainsi la dérive vers une monarchie absolue. Pour Allal Al Fassi et ses amis, il était hors de question de parler constitution avant l'indépendance. L'histoire a donné plus tard raison à la vision ingénue de Al Wazzani et tort à Allal Al Fassi qui a fini, comme certainement l'auteur de l'article le sait, marginalisé comme un simple ministre des Habbous (affaires religieuses) au lendemain de l'indépendance, lui qui était appelé "Zaiim" (Chef) de l'action nationale pour l'indépendance. L'histoire a été très injuste vis-à-vis de Mohammed Hassan Al Wazzani et l'a tenu dans l'oubli alors qu'il était une personne exceptionnelle par ses visions et ses actions, notamment celle de mettre en place cette festivité, fortement symbolique à l'époque, pour célébrer l'intronisation du Sultan. MFA |
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