5 centrales solaires avec 9 milliards de dollars pour réduire, d’ici 2020, la dépendance énergétique à 85%... Le Maroc veut ainsi tripler en 2020 sa puissance électrique et faire de telle sorte que les énergies...
Renouvelables représentent 42% au lieu de 26% en 2008. L’énergie électrique « verte » couvrira alors 10% de la demande électrique globale. «Ces objectifs, dira la dame énergie du Maroc Amina Benkhadra aux médias, seront réalisés grâce au potentiel énorme en énergie solaire dont dispose le Maroc : une irradiation d’environ 5 kWh par m2 par jour et 3000 heures d’ensoleillement par an ».
De quoi faire du Maroc « un acteur de référence dans le solaire. D’autant plus que le pays bénéficie d’une situation géographique privilégiée qui en fait un carrefour dans les échanges électriques au niveau de la Méditerranée », prédit la ministre marocaine lors d’une conférence tenue à Rabat. Et elle annonce que la première centrale sera mise en service à Ouarzazate en 2015. Les autres entreront progressivement en activité jusqu’en 2019. «Les études relatives au site pilote : Ouarzazate sont achevées », explique, pour sa part Ali Fassi Fihri, le directeur général de l’ONE (Office national de l’électricité) en affirmant que pour les autres centrales, les études techniques s’achèveront en 2013. 9 milliards pour économiser 500 millions
9 milliards de dollars (70 milliards DH). «Ce montant est certes très élevé, mais nous avons la certitude qu’au fur et à mesure de l’avancement du projet, le coût sera revu à la baisse grâce notamment à l’évolution technologique rapide dans ce domaine», affirme le directeur général de l’ONE (Office national de l’électricité) Ali Fassi Fihri. En effet, le budget alloué à ce mégaprojet en a surpris plus d’un. Mais, on comprend vite l’enjeu quand on sait que : « chaque site est un émirat pétrolier », comme dira, très enthousiaste, Ali Fassi Fihri, expliquant aux représentants des médias les tenants et aboutissants de ce projet qui concerne 5 sites, retenus pour la construction de centrales solaires photovoltaïques de pointe, pour une superficie totale de 10.000 hectares. Ces installations photovoltaïques produiront environ 2000 MW, l’équivalent d’un million de tonnes de pétrole qui permettra au Maroc d’économiser 500 millions dollars par an. « Mais surtout on évitera l’émission de 3,7 millions tonnes de CO2 par an », annonce la ministre.
Pour couvrir le coût d’investissement du projet, le montage financier associera des fonds publics et privés nationaux et étrangers et fera appel à tous les mécanismes concessionnels et non concessionnels de financement qui existent dans le cadre de la coopération multilatérale et bilatérale. «La Banque mondiale vient de donner des directives à ces institutions financières pour engager des réflexions autour de sa participation au financement du projet», assure Benkhadra qui signale que l’estimation de cet investissement s’appuie sur les expériences réalisées au niveau mondial.
« Nous n’avons jamais de problèmes de financement de la production de l’énergie, parce que le marché de l’énergie est garanti. Les projets énergétiques ne sont jamais confrontés au problème de financement », ajoute de son côté Fassi Fihri qui souligne la garantie d’achat par l’ONE. Mieux encore, en 2020, la production de l’énergie renouvelable n’aurait plus besoin de subventions. « Parce que les coûts de productions seront alignés avec ceux des énergies classiques. Mais, avec toujours cette sacrée différence : l’énergie renouvelable n’a pas de prix. Elle coûte zero dirham », insiste ce défenseur de l’énergie clean qui ne cache pas sa fierté d’être parmi les concepteurs de ce projet 100% marocain, et qui plus est, s’appuie sur des compétences locales. « Nous avons des ingénieurs hautement qualifiés », dit, non sans fierté la ministre qui pense que : « Ce projet structurant mettra en place des composantes de formation et de recherche-développement par la création d’un centre de recherche dédié à l’énergie et qui sera intégré dans le tissu industriel national ». Et la responsable marocaine d’annoncer la mise ne place d’une filière spécialisée en énergie solaire dans les grandes écoles d’ingénieurs et des universités marocaines.
Le soleil marocain attise les convoitises..!
« Depuis la flambée des prix de pétrole, de grandes sociétés des quatre coins du globe font pression pour engager des partenariats avec le Maroc dans le domaine des énergies renouvelables », déclare Amina Benkahdra. «Aux multiples sociétés asiatiques, européennes, américaines qui veulent contracter des partenariats avec le Maroc nous avons dit : « attendez ! Nous avons nos études et nos stratégies. Nous vous proposerons, en temps opportun, des partenariats en bonne et due forme », explique la ministre.
L’énergie après les élections !
« Le projet était prêt en juillet mais les députés étaient préoccupés par les élections… Il n’était alors pas possible de réunir les commissions spécialisées pour étudier et adopter le texte qui sera examiné dans les prochaines semaines », dira Benkhadra pour expliquer le fait que le projet soit présenté avant l’adoption de la loi cadre y afférente.
Il s’agit d’un projet de loi qui ouvrira le marché aux investisseurs pour qu’ils produisent et commercialisent l’électricité « verte » en utilisant le réseau de l’ONE, affirme le DG de l’ONE Ali Fassi Fihri qui indique que les énergies vertes se vendent au prix fort : 35 centimes d’Euro/ le kWh ( environ 3 DH) alors que l’électricité classique se vend à 75 centimes de DH . Vous voyez la différence !
Sollicitations médiatiques...!
« Si vous en êtes convaincus, prière de transmettre ces données au plus large public », lance Ali Fassi Fihri lors de la conférence de presse tenue pour donner tous les détails sur le projet solaire du Maroc. L’occasion était également propice pour ce manager d’entretenir les journalistes sur la présence de l’ONE dans plusieurs pays africains : au Cameroun, Sénégal, entre autres... Lors de cette rencontre, il a été annoncé également que l’interconnexion avec l’Europe qui compte actuellement deux lignes sera renforcée suite à l’accord avec le gouvernement espagnol pour élargir cet échange énergétique, a annoncé Mme Benkhadra.
Une Agency pour piloter tout ça...!
A noter également que « le projet marocain de l’énergie solaire sera confié à une agence baptisée : Moroccan Agency for Solar Energy. l’usage de la dénomination anglophone dénote de la vocation internationale de ce projet, précise Fassi Fihri qui affirme que L’agence disposera d’un budget conséquent et de moyens importants.
Rappelons que la convention de partenariat entre les actionnaires de cette agence a été signé lors du lancement du projet, à Ouarzazate, le 2 novembre, devant SM le Roi, entre l’Etat représenté par le ministère de l’Economie et des finances, le ministère de l’énergie des mines de l’eau et de l’environnement, l’ONE, le Fonds Hassan II et la société d’investissements énergétiques. Cette agence aura pour mission d’entreprendre toutes les études techniques, économiques et financières nécessaires à la concrétisation du programme pour placer ensuite les projets qui seront retenus auprès des investisseurs en vue de leur développement. L’agence assurera, par la suite, le pilotage de la mise en œuvre du programme.
Des émirats solaires
La particularité des sites retenus réside dans la densité de l’ensoleillement dont ils bénéficient durant l’année. Ainsi, Ouarzazate, le site pilote de ce projet qui sera opérationnel dans sa totalité à fin 2019, est , selon Monsieur électricité du Maroc, « l’un des sites les plus ensoleillés au monde que l’on peut comparer au Nevada, Texas ou à l’Arabie Saoudite et qui bénéficie d’un ensoleillement est de 2.635 Kw par heure/m2.». Cette première centrale sera mise en service en 2015, annonce Ali Fassi Fihri en indiquant que le lancement des appels d’offres auprès des candidats pré-qualifiés se fera en septembre 2010. « Mais, je fais le pari qu’on va le livrer bientôt », assure le responsable marocain.
La deuxième centrale se situe à Aïn Béni Mathar et bénéficie d’un ensoleillement de 2.290 Kw par heure/m2. Les autres sites sont : Foum Al Ouad à Laâyoune de 2.628 Kw/h/m2, Boujdour 2.642Kw/h/m2 et Tarfaya (2.140 kw/h/m2) qui est promise à un bel avenir énergétique. « Tarfaya deviendra, certainement, pionnière en énergies renouvelables : eau, air et soleil », prédit le DG de l’ONE, signalant les trois stations de dessalement de l’eau de mer dans les provinces du sud.
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