Dés 1909 les travailleurs marocains étaient employés dans une usine métallurgique Nantaise. Ainsi leur employeur fut tellement satisfait qu’il envoya, au pays d’origine, l’un d’entre eux, qui recruta et ramena vingt-cinq de ces compatriotes.
Au moment de la signature du traité de protectorat, quelques dizaines d’ouvriers Marocains se trouvent déjà à Nantes, dans les Mines du Nord et du Pas-de-Calais et à Marseille.
Ce n’est cependant qu’au cours de la guerre de 1914-1918 que des contingents importants de Marocains arrivent en France. Sans parler des soldats (74 000) qui combattirent sur le front et dont certains se fixèrent par la suite dans la métropole, de nombreux ouvriers furent recrutés au Maroc, à partir de 1915, en qualité de travailleurs coloniaux. Trente cinq mille engagements d’un an furent ainsi contractés par des Marocains presque tous originaires de la région de Marrakech. Un grand nombre d’entre eux renouvelèrent leur engagement et sont ainsi comptés deux fois dans le chiffre de 35 000. Un courant d’émigration n’allait pas tarder à s’établir du Maroc vers la France.
Depuis 1918 l’émigration vers la France avait été uniquement individuelle. L’année 1938 voit le retour du recrutement officiel d’ouvriers envoyés en France en vue d’une activité déterminée. Le gouvernement français se préoccupait alors de substituer à la mais d’œuvre étrangère une main d’œuvre provenant de l’Empire Français. L’expérience réussit pleinement et cette main d’œuvre donna toute satisfaction aux employeurs. La guerre ne permit pas de la poursuivre et la plupart des ouvriers furent rapatriés en 1940.
A partir des années quarante d’autres pays Européens s’intéressèrent à la main d’oeuvre marocaine. En 1942 les Allemands exigèrent que le Maroc leur fournisse de la main-d’œuvre. La résidence dut finalement y consentir et 1800 ouvriers furent mis au cours des mois de septembre et d’octobre 1942 à la disposition de l’organisation Todt qui les utilisa surtout à la construction du mur de l’Atlantique.
Les opérations de guerre de 1944 et 1945 en traînèrent de sensible modification dans la répartition et la composition de la population marocaine en France. Certain groupement comme celle de Normandie se reconstituèrent en partie après les hostilités. D’autre, celles de la Loire-Inférieure ou de la Rochelle par exemple, disparurent totalement. Une partie de leurs membres s’établirent regagner le Maroc. Les rapatriements sont nombreux au cours de l’année 1945 et du début 1946. La population marocaine en France redescend à cette époque au-dessous de 10 000 personnes. St-Etienne qui avait compté plus de 3000 Marocains en 1926 n’en a plus que 600 en 1945.
Ces départs sont compensés par la libération en France de nombreux militaires de la 1ère armée, par le recrutement d’importants contingents de mineurs pour le compte des charbonnages de France et par l’émigration qui reprend à partir de 1946 sous la forme clandestine traditionnelle. L’Armée d’Afrique débarque sur les cotes de province le 15 Août 1944. L’effort de guerre du Maroc a été particulièrement poussé. Deux divisions blindées sur trois ont été formées sur le territoire du protectorat. En France ces soldats Marocains logent d’abord chez l’habitant au hasard des cantonnements, puis, les opérations terminées, au lieu d’être encasernés comme avant 1939, ils sont répartis entre de très nombreuses petites unités chargées en particulier de la garde des prisonniers de guerre. Une centaine de villes françaises eurent ainsi des garnisons marocaines. Partout ces soldats sont bien reçus par la population. Ils se marient avec des Françaises. On peut estimer à environ 400 le nombre des mariages mixtes qui ont été ainsi contractés, entre 1946 et 1949 par des militaires en activité en récemment libérés. Cette immigration particulière a eu pour résultat de modifier d’une manière appréciable la composition des Marocains en France. En y introduisant, à côté des Marocains originaires de Souss un important contingent de Marocains originaires des régions nord et nord-ouest du Maroc.
Depuis ces premières vagues migratoires, le recours à la main d’œuvre Marocaine n’a pas cessé d’augmenter. De l’immigration militaire à celle saisonnière puis au regroupement familiale et enfin à cette nouvelle forme d’immigration étudiante qui est hautement qualifié.
yawatani copyright : Chehab Youssef

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