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Maroc : trop cher ratio Mc Donough

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Les banques marocaines auront levé 6 milliards de dirhams en 2008 à travers les emprunts obligataires. Des montants mobilisés pour financer les programmes de développement, mais aussi pour répondre aux nouveaux ratios de solvabilité imposés par Bank Al Maghrib.

Un tournant s’est effectué en douceur le 31 décembre 2008. Depuis cette date, toutes les banques marocaines sont passées à un ratio de solvabilité de 10%, dernière étape avant le taux de 12% prévu en 2010 conformément aux règles avancées de Bâle II. D’où les levées de fonds qui ont rythmé le marché ces derniers mois. Pour les institutions en phase de croissance rapide (BMCE, Attijariwafa Bank et BCP), le recours au marché est destiné aussi à financer des programmes de développement à long terme. La BMCI (Banque marocaine pour le commerce international) aura été la dernière à se conformer aux prescriptions de l’autorité centrale en optant, le dernier jour de l’année, pour une augmentation de capital par apport en numéraire. Se faisant, elle emboîte le pas à la Société générale marocaine des banques. La filiale de la Société Générale a augmenté son capital d’un montant de 750 millions de dirhams, le portant à 2310 millions au terme d’une opération réservée aux actionnaires.

Emprunts subordonnés

De l’autre côté, Attijariwafa Bank , BMCE Bank et  Crédit du Maroc auront ajusté leurs fonds propres à la hausse au moyen d’emprunts subordonnés. Laquelle de ces deux voies est la meilleure ? Difficile de le dire. Toutefois, les institutions qui auront opté pour la dernière solution subiront fatalement une baisse de leurs ROE au compte de l’exercice 2008. Une perspective qui signerait un retour à la norme pour une institution comme la BMCI habituée de longue date à aligner l’un des meilleurs ROE de la place (16,4% en 2007 contre une moyenne de 14,1% hors CIH pour le secteur) du fait de fonds propres insuffisants. En revanche, pour celles des banques qui ont eu recours aux emprunts subordonnés, leurs risques devraient s’amplifier. Selon les statistiques, ce sont 10,5 milliards de dirhams qui ont été émis en 2008 dans le cadre des emprunts obligataires. Les émetteurs bancaires en ont supporté 6 milliards. Attijariwafa Bank a lancé trois emprunts obligataires en 2008 pour un montant de 4 milliards de dirhams, contre 1 milliard pour BMCE et 1 milliard pour Crédit du Maroc.

Cet autre cadre bancaire rappelle que les ratios demandés par Bank Al Maghrib dépassent en de nombreux points les normes européennes.

Forte pression

L’augmentation rapide des primes d’émission qui a accompagné ces opérations reflète, de l’avis des analystes, la forte pression sur la liquidité qui caractérise aujourd’hui le marché. D’autant que, conjoncture aidant, l’on assiste au retour des stratégies court-termistes. Les banques préfèrent placer leurs ressources sous forme de crédits plutôt que sur des emprunts obligataires à maturité longue. Signe amplifiant cette tendance, le déséquilibre structurel entre la croissance des dépôts et les crédits. En effet, d’après le rapport annuel de BMCE Capital, l’encours des dépôts collectés par les banques commerciales auprès de leurs clients a enregistré une hausse annuelle moyenne de 17,8% depuis 2004, contre un accroissement de 28,8% pour l’encours des créances sur clientèle. Entre décembre 2007 et septembre 2008, cette progression a atteint 40%.

Dans de telles conditions, comment faire face aux engagements de demande de crédit si ce n’est, affirme un agencier assez favorable aux mesures de Bank Al Maghrib, par le relèvement du niveau de fonds propres ? Un avis taillé en pièces par cet autre cadre bancaire qui rappelle que les ratios demandés par Bank Al Maghrib dépassent en de nombreux points les normes européennes. D’ores et déjà, certaines institutions bancaires se préparent à l’échéance 2010 où le ratio de solvabilité exigé doit passer à 12%. Bien entendu, d’une institution à l’autre, les difficultés à migrer vers les nouveaux critères ne seront pas les mêmes. Les regards sont tournés vers le CIH et le Crédit Agricole auxquels ne s’appliquent plus des dérogations. Au sortir d’un long tunnel de redressement, ces enseignes publiques doivent réapprendre à se mouvoir dans le cadre règlementaire commun.

Source: Bank Al Maghrib.

 

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