Vivendi et l’Etat marocain, ainsi que les différents actionnaires, devraient profiter de la forte marge (46,2%) réalisée par Maroc Télécom en 2009. Les filiales ont contribué à ce résultat.
L’environnement difficile à l’international et le réveil de la concurrence au Maroc n’ont pas ralenti la marche du leader marocain de la téléphonie. Maroc Télécom a présenté ses résultats annuels 2009 avec de notables performances. Ainsi, le chiffre d’affaires du groupe s’est stabilisé à 30,3 milliards de dirhams, en hausse de 2,8%, grâce en particulier à la croissance des filiales. « Tout en procédant à l’acquisition de 51% du capital de la Sotelma au Mali et à la distribution de 100% de son résultat, Maroc Télécom a maintenu sa politique d’investissements, qui lui a permis d’améliorer la qualité de services et de soutenir l’innovation pour ses clients ». Avec un résultat opérationnel (après amortissement) de 14 milliards de dirhams, le groupe réalise une marge de 46,2%. Un niveau exceptionnel, compte tenu de la conjoncture économique mondiale et régionale en 2009.
Dans la foulée, le groupe propose une distribution de 100% du résultat, soit un dividende de 10,31 dirhams par action, représentant un rendement de près de 7%, au cours du 19 février 2010. De quoi faire le bonheur de Vivendi, détenteur de 53% des actions de Maroc Télécom, de l’Etat marocain, qui contrôle toujours un bloc de 30%, et de divers actionnaires (16%). L’avenir du groupe se jouera au Maroc, où le taux de pénétration de la téléphonie est de 25%. Maroc Télécom est leader au Maroc, en Mauritanie et au Burkina Faso. Sur le Mali, où l’acquisition de Sotelma lui permet de compter 18% de parts de marché, Maroc Télécom ne fait pas de mystères : « Nous voulons être leader de ce marché », a fait savoir M. Ahizoune, qui annonce aussi une progression soutenue au Gabon.
Pas de regrets pour Zain
Interrogé concernant la récente acquisition des parts de Zain en Afrique par le groupe indien Bharti, le président de Maroc Télécom a été catégorique : « Au vu du prix, nous n’avons aucun regret pour Zain. » IAM entend maintenir sa logique d’investisseur et de développeur intéressé d’abord par l’Afrique francophone. « Nous avons investi 4,8 milliards de dirhams au Maroc en 2009, soit 18,5% de notre chiffre d’affaires » déclare Abdeslam Ahizoune. Fort de 11 000 collaborateurs, IAM est l’un des touts premiers employeurs du royaume. Le groupe a versé 9,5 milliards de dirhams aux actionnaires, au titre de dividende 2008, investi 5,8 milliards dans les réseaux et versé 3,5 milliards d’impôt sur les sociétés. La filiale de Vivendi entend dupliquer son modèle dans les pays d’implantation. Pour l’heure, la fibre optique qui devrait relier le Maroc à la Mauritanie est déjà effective sur les tronçons Nouakchott-Nouadhibou et Casablanca-Laâyoune. Le tronçon Nouakchott-Laâyoune est réalisé à 60%. A terme, l’objectif est de faire une zone unique (tarification unique) qui devrait englober, dans un premier temps, le Maroc, la Mauritanie et le Mali.
Télécoms au Maroc : une feuille de route pour 2013
L’année 2009 a vu un ralentissement du taux de croissance de la téléphonie au Maroc, à cause de la baisse des revenus du trafic international entrant et du roaming. C’est dans ce contexte qu’intervient la note d’orientation 2009-2013 de l’Agence nationale de règlementation des télécoms (ANRT). L’agence se met ainsi au diapason du plan « Maroc Numéric 2013 », dont l’objectif est d’atteindre 34 millions de clients en téléphonie mobile, 2 millions d’abonnés à Internet et un chiffre d’affaires de 40 milliards de dirhams. Parmi les mesures contenues dans la note d’orientation, figurent le partage des infrastructures, le dégroupage de la boucle locale (qui sera accompagné par un ajustement des tarifs de dégroupage), le développement de la portabilité des numéros, la baisse significative des tarifs d’interconnexion dès 2010, voie obligée vers la baisse des tarifs de détail. De même, le régulateur entend apporter plus de lisibilité dans la tarification, le renforcement de l’Internet, les réseaux fixes et de nouvelle génération. Le très haut débit constitue un axe important de cette stratégie. Ainsi, pour développer ces technologies mobiles de 4e génération, des fréquences seront attribuées aux opérateurs intéressés, dès 2011. Autre mesure importante, le déverrouillage des licences VSAT. Une révision du plafond de chiffre d’affaires (lequel rendait jusque-là cette technologie peu attractive) permettrait de développer cette technologie, avec un mode d’attribution de licences qui sera indexé sur un cahier de charges, plutôt que sur une contrepartie financière.
LesAfriques.

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