
Deux débats se rapportant à l'argent et au star-system dominent aujourd'hui au Maroc ; le premier concerne le salaire du belge Eric Gerets, le sélectionneur de l'équipe nationale, qui n'a d'équipe que le nom, et le second touche au cachet que percevra Mariah Carey quand elle se produira en mai prochain sur la scène de Mawazine.
Le premier débat tourne autour de l'argent public, ou du moins relève de la sphère publique en attendant de connaître les dessous de cette affaire et de déterminer "
qui paie réellement le salaire de Gerets", mais le second ne concerne que l'argent d'entreprises privées qui sont en affaires avec Maroc Cultures, l'association organisatrice du Festival, et traitent avec elles dans les domaines commerciaux, publicitaires et médiatiques, en versant des fonds qui servent à régler les cachets des stars et des artistes qui se produisent.
Il est nécessaire de faire cette distinction entre les deux cas car certaines personnes, de bonne ou de mauvaise foi, s'évertuent aujourd'hui à verser de l'huile sur le feu, à rapprocher ce qui ne peut ni ne devrait l'être pour arriver à la conclusion que "ces gens-là gaspillent l'argent de ce peuple désargenté"… quitte à tordre le cou à la vérité. Cette conclusion est fausse, et si les Marocains attendent toujours de connaître le fameux salaire du Belge que les "théoriciens du football" ont réussi à transformer en affaire d'intérêt national pour détourner l'attention du plus important, à savoir la nécessité pour la Fédération de foot de présenter sa démission après la déception du Gabon, les sommes qui seront remises à Mariah Carey sont les mêmes qu'elle perçoit généralement à chacune de ses représentations.
Aussi, au lieu de prendre des chemins détournés et de condamner des choses imaginaires, il serait plus simple à ceux qui critiquent l'argent de Mariah Carey de dire clairement que "nous ne voulons ni art ni artistes dans ce pays". Point final.
Un peu de clarté et de sincérité, en fin de compte, ne tueront personne…
Al ahdath al Maghribiya