Que 50 hommes cagoulés et brandissant des armes fassent irruption dans les salles d'examen et en fassent sortir sous la menace les étudiants, comme cela s'est passé voici deux jours à l'Université Cadi Ayyad à Marrakech, voilà un acte qui montre le niveau de laisser-aller auquel est arrivé notre pays, un laisser-aller qui atteinte ses ultimes limites.
Nous comprenons les demandes des étudiants grévistes, nous admettons que leur militantisme les mène vers autant d'enthousiasme et nous leur reconnaissons la légitimité de nombre de leurs revendications… Mais, en toute sincérité, nous n'arrivons pas à saisir comment des étudiants dans la fleur de l'âge peuvent violer l'inviolabilité de leur campus universitaire, des armes à la main, comment ils ont pu se laisser basculer dans ce qui ressemble fort à des "milices" armées qui investissent une université pour obliger les étudiants qui ne partagent pas leurs opinions à quitter leurs salles d'examen, imposant de la sorte une dictature de la minorité sur plus de 25.000 étudiants conduits, terrorisés, à l'extérieur de leurs salles et de l'université.
Ce genre de comportements est tout simplement inacceptable et inadmissible, et nous ne pouvons que le condamner. Le pays a besoin d'esprits réfléchis, et non de ce genre de pratiques puériles, dangereuses qui poussent certains d'entre nous à jouer avec le feu sans comprendre que ce feu les consumera eux, en premier, s'ils persistent dans ce jeu.
Al ahdath al maghribiya