Des Français ont été condamnés à de nombreuses reprises pour avoir accueilli ou hébergé des immigrés, déclare mardi une association, contredisant les affirmations du ministre de l'Immigration Eric Besson.
Sur son site internet, le Groupe d'information et de soutien des immigrés (Gisti) publie un "inventaire" provisoire des condamnations prononcées depuis 1986 contre des personnes ayant apporté une aide à des étrangers.
Cette liste, qui ne tient compte que des poursuites ayant entraîné une condamnation, comporte une trentaine de cas, le plus souvent de personnes ayant hébergé des immigrés.
"Telle qu'elle est, la liste est déjà édifiante et met en pièces la rhétorique d'Eric Besson qui voudrait faire croire que la loi ne vise pas les actes de solidarité. Mais elle est loin d'être exhaustive", affirme le Gisti.
Dans un communiqué, Eric Besson s'est engagé à apporter "une réponse circonstanciée" a la publication de cette liste.
Il note déjà qu'aucune des 32 personnes évoquées "n'apparaît comme un bénévole appartenant à une association humanitaire, ayant été poursuivi ou condamné dans le cadre de cette activité."
Selon lui, l'affirmation selon laquelle en 65 ans d'application de l'article concernés, seuls 2 bénévoles d'associations humanitaires ont été condamnés sur cette base n'est donc "pas démentie par la publication de cette liste."
La loi qui punit les personnes facilitant l'entrée ou le séjour des clandestins fait l'objet d'une polémique depuis la sortie il y a quelques semaines sur les écrans français du film "Welcome", du Français Philippe Lioret, qui aborde ce sujet.
"Il n'y a pas de délit de solidarité en France, et (...) toutes celles et ceux qui de bonne foi aident un étranger en situation irrégulière ne risquent rien. Personne, en 65 ans, n'a jamais été condamné pour avoir simplement hébergé, donné à manger, transporté en auto-stop, un étranger en situation irrégulière. Donc le délit de solidarité n'existe pas. C'est un mythe", avait répliqué Eric Besson sur France Inter.
Dans un entretien à Reuters, le ministre avait évoqué par la suite deux cas en 65 ans de condamnations de bénévoles travaillant au service de personnes en situation irrégulière.
Gérard Bon
Reuters

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