Le Parlement européen a adopté, jeudi à Strasbourg, l’accord de libre-échange entre le Maroc et l’Union européenne dans le domaine agricole. Cet accord comporte des mesures de libéralisation réciproques en matière de produits agricoles et de produits de la pêche qui permettront notamment d’augmenter les volumes des exportations marocaines de fruits et légumes sur le marché européen et de baisser les droits de douane appliqués à l’entrée de ces produits de part et d’autre.
L’accord prévoit une libéralisation avec effet immédiat de 55 % des droits de douane sur les produits agricoles et les produits de la pêche de l’Union (contre 33 % actuellement) et de 70 % des droits de douane sur les produits agricoles et les produits de la pêche du Maroc sur une période de dix ans (contre 1 % actuellement).
Gilles Pargneaux, président du groupe d’Amitié UE-Maroc, a insisté sur le fait que "le Maroc avait initié une transition politique et démocratique que nous nous devions de soutenir en respectant les engagements, notamment sur le plan commercial, pris par l’Union européenne dans le cadre de l’Accord d’association". Il a également indiqué que "les élections législatives du 25 novembre dernier se sont tenues dans de bonnes conditions".
Les démarches en matière de politique étrangère initiées notamment par Saad-Eddine El Othmani, en vue d’une résolution du contentieux à l’Algérie, offrent également des perspectives de relance du partenariat euro-méditerranéen. Invoquer désormais la question du Sahara, comme nous l’avons fait pour l’Accord de pêche, pour rejeter les accords commerciaux avec le Maroc, n’est pas pertinent et devient contre-productif. Gilles Pargneaux a poursuivi que l’agriculture est un secteur vital pour l’économie marocaine. Tout partenariat économique avec ce pays, dans le cadre des négociations commerciales liées à son Statut avancé, se doit de prendre en compte le secteur agricole. Il emploie 40 % de la population active et représente 16.4 % du PIB marocain. Restreindre l’accès de ce pays au marché européen, première zone d’exportation pour les produits marocains, aurait eu des conséquences tout à fait désastreuses pour l’économie marocaine et nous aurait aliéné un partenaire stratégique dans le monde arabe. Pour sa part, Eneko Landaburu, ambassadeur de l’Union européenne au Maroc, s’est réjoui du vote positif du Parlement européen en faveur de l’accord agricole Maroc-Union européenne.
"Ce nouveau pas dans le renforcement de nos relations est d’une extrême importance au moment où nous entamons une nouvelle ère de partenariat avec le Royaume dans le cadre du Statut avancé. Je suis sûr que cette décision claire du Parlement européen permettra de donner une nouvelle dynamique à nos relations et que cette année verra la concrétisation de certaines avancées de notre partenariat, à savoir la finalisation du nouveau plan d’action et de la négociation sur les services ainsi que l’aboutissement du partenariat pour la mobilité. L’Union européenne, premier bailleur de fonds au Maroc, est plus que jamais engagée pour lui apporter son appui dans la mise en œuvre de son projet de modernisation de la société et de la consolidation d’un Etat de droit", a-t-il souligné.
Le gouvernement se réjouit du vote positif
Le conseil du gouvernement tenu hier à Rabat a consacré la réunion à plusieurs points. En effet, la troisième réunion de l’équipe de Benkirane a coïncidé avec le vote positif du Parlement européen de l’accord agricole Maroc-UE. Et ce, avec 369 voix contre 225 et 31 abstentions. Le gouvernement marocain s’est réjoui de cette adoption. "Chose qui prouve les relations solides qu’entretient le Maroc avec l’UE", a déclaré Mustapha El Khalfi, ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement lors d’un point de presse.
Sur un autre registre, le chef de gouvernement a tenu à préciser au début des travaux du conseil, la nécessité de mettre en place le principe de l’Etat de droit ainsi que l’adoption d’un comportement audacieux et courageux, surtout en ce qui concerne les revendications sociales des acteurs socioéconomiques dont l’objectif est de répondre à leurs besoins légitimes selon les capacités du gouvernement. Les événements que connaissaient certaines villes ne sont pas passés inaperçus lors de ce conseil. Abdelilah Benkirane a été formel : le gouvernement assume toute sa responsabilité. En cas d’erreur ou d’omission, il faut reconnaitre les erreurs, présenter les excuses et dédommager les intéressés.
Au cours de cette réunion, les membres du gouvernement ont adopté à l’unanimité les trois projets de loi inscrits à l’ordre du jour. Il s’agit des textes relatifs à la réorganisation de la profession des guides touristiques, à l’agrégation agricole et aux instances interprofessionnelles agricoles et halieutiques. Le conseil a également adopté deux conventions internationales liées au statut de l’Agence internationale de l’énergie renouvelable (IRENA) et aux services aériens. A cela s’ajoute l’approbation du décret portant abrogation du décret instituant au profit de l’ONDA une taxe parafiscale (taxe d’équipements aéroportuaire).
S’agissant du projet de la loi des Finances 2012, Mustapha El Khalfi a précisé que « ce texte est en principe prêt sauf que le gouvernement attend le règlement intérieur de la Chambre des représentants. La présentation de ce projet devant le Parlement est prévue le mois prochain ».
Le Matin