«Le maintien des coûts compétitifs est crucial pour l’attractivité de l’Euro-Méditerranée». L’enquête de Ernst & Young sur l’attractivité de cette zone révèle également que «c’est grâce aux infrastructures de transport et de télécommunication dont la zone a su se doter que la rive sud de l’espace Euro-Méditerranée a pu gagner en attractivité au cours de ces dernières années». Même si dans son «témoignage pays», le country managing partner Ernst & Young casablancais oriente plutôt son argument sur la valeur image. Bachir Tazi écrit, en effet, que «le Maroc bénéficie aujourd’hui d’un crédit image fort sur les fonctions offshoring…». Globalement, la zone Euro-Méditerranée se positionne très bien sur ce critère de localisation, considéré par les investisseurs comme le plus important lors d’une décision d’implantation. Près de 54% des investisseurs interviewés déclarent la zone «très» ou «plutôt attractive». Par ailleurs, notent les enquêteurs, «ce critère procure aux investisseurs un accès à un marché à taille critique et en croissance», sachant que le marché constitue le critère qui a recueilli le plus haut niveau d’attractivité sur la zone. En revanche, écrit Bachir Tazi, «preuve est faite que le Maroc doit encore fortement progresser sur les fonctions de R&D…Et que la formation et l’innovation promettent d’être, encore pour quelques années, les enjeux de la politique marocaine». Sa conclusion rejoint celle des auteurs de l’enquête, qui relèvent que, «malgré des progrès constatés, les ressources humaines demeurent une problématique toujours stratégique pour la zone, tant en termes de qualification et de formation que de réglementation». Il n’empêche que «les risques majeurs affectant l’attractivité de la région résident prioritairement dans la stabilité politique régionale et le maintien de coûts compétitifs», nuancent les auteurs. La compétitivité des coûts est jugée attractive par seulement 46% des investisseurs et la stabilité politique par 45%. Or, «il s’agit de critères de localisation discriminants pour les entreprises». A en juger par les résultats de l’enquête Ernst & Young 2008 sur l’attractivité de l’Europe, en effet, «les coûts salariaux et fiscaux sont considérés comme très importants par 47% des investisseurs et le risque de stabilité politique et réglementaire par 54% des investisseurs». Tandis que «l’amélioration de la stabilité politique apparaît comme la mesure la plus déterminante pour accroître l’attractivité de la rive sud, l’assouplissement de la réglementation relative à la circulation des capitaux, des biens et des travailleurs à l’intérieur du projet d’Union euro-méditerranéenne demeure un enjeu économique majeur». Ce qui amène les enquêteurs de Ernst & Young à dire qu’une politique de sécurité commune apparaît à cet égard primordiale pour un rapprochement entre les deux rives de la Méditerranée.
L'Economiste
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