Le CFCM, créé en 2003 par Nicolas Sarkozy alors ministre de l'Intérieur et des cultes, est plus ou moins à un tournant de son histoire. Il était présidé depuis l'origine par le recteur de la Grande Mosquée de Paris, Dalil Boubakeur, qui représente principalement les musulmans algériens, lui-même étant considéré comme une figure "historique" de la communauté.
Depuis 2002, les Marocains ont gagné en influence. Ils sont globalement moins nombreux que les Algériens (1 million contre 1,5 million) mais affirment compter une plus grande proportion de pratiquants et font remarquer que le CFCM est chargé du culte et non de l'ensemble de la population de culture musulmane.
Dalil Boubakeur avait d'abord fait savoir qu'il briguait un troisième mandat avant d'annoncer que la Fédération de la grande Mosquée de Paris boycotterait les élections pour protester contre le mode de désignation des délégués appelés à voter. Leur nombre est fonction de la surface des lieux de culte et justement au cours des dernières années, ce sont plutôt les Marocains qui ont ouvert des mosquées. Actuellement, selon le ministère de l'Intérieur, les Marocains gèrent environ 40% des lieux de culte en France, et estiment devoir être mieux représentés au CFCM.
Depuis que les Algériens se sont retirés de cette élection, les Marocains sont très majoritaires au RMF (Rassemblement des musulmans de France) et à l'UOIF (Union des organisations islamiques de France). Mais ces organisations ne sont pas d'accord sur tout. Le RMF est très proche du Maroc (son congrès fondateur a d'ailleurs eu lieu à Marrakech) et l'UOIF milite plutôt pour que les musulmans de France soient indépendants de leurs pays d'origine.
A force de chercher un consensus entre les diverses composantes de la communauté, le CFCM, de l'avis presque général, n'a pas beaucoup travaillé depuis sa création et ses détracteurs réclament du changement.
Il n'a pas réglé la question de la formation des imams, ni celle des carrés confessionnels dans les cimetières. Il n'a pas réussi à organiser le pèlerinage de la Mecque dans lequel s'engoufrent tous les ans des agences de voyage fantaisistes et a laissé en sommeil la Fondation pour les oeuvres de l'islam qui doit s'occuper du financement des mosquées.
En réalité, la plupart de ces questions sont réglées au niveau local/régional par les CRCM, le CFCM s'occupant surtout de faire le lien entre la communauté musulmane et les pouvoirs publics, entre laïcité et liberté de culte.
Dimanche soir, le résultat des élections devait donner les tendances générales dans les régions. Dans deux semaines, les nouveaux élus voteront à leur tour pour les instances du CFCM, et pour le président.
AFP
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