Moussaoui, vice-président du Rassemblement des musulmans de France (RMF), était le seul candidat à ce poste. Marocain d'origine, polyglotte, agrégé en mathématiques, il est Maître de conférences à la faculté d'Avignon.
Depuis sa création en 2003, le CFCM était présidé par Dalil Boubakeur, recteur de la Mosquée de Paris, qui ne se représentait pas.
La ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie a adressé à Mohammed Moussaoui ses "sincères félicitations", estimant que Mohammed Moussaoui, considéré comme un homme de consensus, a "su rassembler l'ensemble des sensibilités de l'islam" autour de lui.
Les diverses composantes du CFCM, après des négociations serrées, s'étaient entendues sur sa seule candidature, en tête d'une liste unique. Elles doivent maintenant constituer le bureau exécutif, dont la liste devait être annoncée dimanche l'après-midi. La liste unique prévoit une répartition des postes au sein du bureau exécutif qui satisfait les diverses composantes, compte-tenu des résultats des élections du 8 juin pour les conseils régionaux.
L'élection de dimanche marque l'épilogue d'une période de tribulations qui ont menacé la tenue même du vote : la fédération de la Grande mosquée de Paris a décidé de les boycotter pour protester contre le mode de désignation du corps électoral, l'UOIF (Union des organisations islamiques de France) a menacé un moment d'en faire autant, puis a demandé un report des élections.
Finalement, il y a eu plus de 80% de participation au scrutin du 8 juin qui a placé les Marocains du RMF nettement en tête. Le RMF a recueilli 1.675 voix (43,24%), obtenant ainsi 20 sièges au conseil d'administration du CFCM. L'UOIF, avec 1.171 voix (30,23%), a obtenu 13 sièges, le CCMTF (Comité de coordination des musulmans turcs de France), avec 493 voix (12,05%), 4 sièges, et la FNMF (Fédération nationale des musulmans de France) avec 68 voix (1,76%) un siège. Les "divers", notamment les musulmans des Antilles, Afrique et Comores, des Algériens, les piétistes du Tabligh, ont recueilli 467 voix (12,05%), soit 3 sièges au CA.
Si ces mouvements représentent des sensibilités diverses en fonction des pays d'origine et de la pratique religieuse, tous sont d'accord pour rénover le CFCM auquel il est reproché de n'être ni efficace ni représentatif de l'ensemble de la communauté.
Source: France2