· La CGEM veut une refonte du Code du travail Fruit du dialogue social, la revalorisation du smig et du smag aura lieu en deux tranches: 5% en juillet 2008 et 5% en juillet 2009. Ainsi, le salaire horaire minimum des ouvriers et employés de l'industrie, du commerce et des professions libérales passera de 9,66 à 10,14 DH. Pour le secteur agricole, la part du salaire journalier obligatoirement versé en espèce est fixée à 52,50 DH, contre 50 DH auparavant. Dans les exploitations agricoles, les patrons accordent souvent à leurs employés une dotation en produits agricoles en guise de primes. Le décret n°2-08-292 du 9 juillet 2008 indique justement que l'entrée en vigueur de l'augmentation du smag ne doit, en aucun cas, donner lieu à la suppression ou la diminution de ces avantages en nature accordés aux salariés agricoles.
Concernant l'application du smig par le patronat, Mohamed Chaïbi, vice-président de la CGEM, est intraitable: «Toutes les entreprises membres de la CGEM appliquent le smig. Nous ne reviendrons jamais sur les acquis du dialogue social et c'est un engagement formel de notre part».
«La CGEM a été d'accord dès le début pour l'augmentation du smig et du smag. Et c'est une bonne chose que cela soit maintenant publié dans le Bulletin officiel. Cette augmentation est une bouffée d'oxygène qui va renforcer le pouvoir d'achat des citoyens à l'approche du Ramadan et de la rentrée scolaire», se réjouit un membre du conseil d'administration de la confédération.
Toutefois, il convient de rappeler que l'application du smig relève encore de la science-fiction dans un important pan de l'économie nationale, particulièrement l'informel. Des employeurs véreux recourent à une panoplie d'artifices pour contourner le smig. «Ils évitent de déclarer leurs employés. Certaines sociétés d'intérim et de gardiennage ne respectent pas cette obligation. D'autres sous-déclarent leurs employés ou ne respectent pas la durée légale du travail. Et beaucoup d'entreprises préfèrent recourir à la formule du travail à la pièce ou à la tâche plutôt que de payer leurs salariés selon la durée légale du travail. 40% des salariés déclarés à la CNSS perçoivent un salaire mensuel d'à peine 500 DH», explique un membre de la CGEM.
Chaïbi saisit au vol la publication au BO du décret d'application de la revalorisation du smig pour rappeler les autres chantiers sur lesquels le gouvernement devrait trancher dans les plus brefs délais. Parmi ceux-ci, le droit de grève, la double indemnisation en cas de licenciement abusif. «Normalement, l'employé licencié a droit à une indemnisation plafonnée à 36 mois, à raison de 1,5 mois par année d'ancienneté. Mais certains juges y intègrent la notion de dommages-intérêts, ce qui donne parfois lieu à des indemnités faramineuses», regrette le dirigeant de la CGEM. Autre grief de la CGEM contre le Code du travail dans sa mouture actuelle, l'obligation imposée aux entreprises de 50 salariés et plus de faire appel à un médecin du travail conventionné. Or, pour Chaïbi, c'est une mesure irréaliste. «Les entreprises n'ont pas les moyens suffisants pour s'offrir les services d'un médecin du travail». Chaïbi préconise la mutualisation. En effet, «les entreprises pourraient se mettre à plusieurs pour s'offrir les services d'un spécialiste de la médecine du travail». Le vice-président de la CGEM évoque également le problème des travailleurs intérimaires qui deviennent titulaires au bout de six mois d'activité. De plus, le Code du travail, selon les responsables, est inadapté pour le cas des travaux saisonniers, comme dans les stations d'emballage des agrumes par exemple.
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Textile en quatre temps
La deuxième augmentation prévue par les accords du dialogue social entre le gouvernement Abbas El Fassi et les principales centrales syndicales est de l'ordre de 5% dès le 1er juillet 2009. Le smig sera alors fixé à 10,64 DH dans les secteurs cités précédemment. Le smag atteindra, lui, 55,12 DH.
S'agissant du secteur du textile, et en raison de ses difficultés, la hausse du taux horaire s'effectuera en quatre temps: 2,5% en juillet 2008 (9,90 DH), idem en juillet 2009 (10,14 DH), en juillet 2010 (10,39 DH) et en juillet 2011 (10,64 DH).
L'EconomisteFruit du dialogue social, la revalorisation du smig et du smag aura lieu en deux tranches: 5% en juillet 2008 et 5% en juillet 2009. Ainsi, le salaire horaire minimum des ouvriers et employés de l'industrie, du commerce et des professions libérales passera de 9,66 à 10,14 DH. Pour le secteur agricole, la part du salaire journalier obligatoirement versé en espèce est fixée à 52,50 DH, contre 50 DH auparavant. Dans les exploitations agricoles, les patrons accordent souvent à leurs employés une dotation en produits agricoles en guise de primes. Le décret n°2-08-292 du 9 juillet 2008 indique justement que l'entrée en vigueur de l'augmentation du smag ne doit, en aucun cas, donner lieu à la suppression ou la diminution de ces avantages en nature accordés aux salariés agricoles.
Concernant l'application du smig par le patronat, Mohamed Chaïbi, vice-président de la CGEM, est intraitable: «Toutes les entreprises membres de la CGEM appliquent le smig. Nous ne reviendrons jamais sur les acquis du dialogue social et c'est un engagement formel de notre part».
«La CGEM a été d'accord dès le début pour l'augmentation du smig et du smag. Et c'est une bonne chose que cela soit maintenant publié dans le Bulletin officiel. Cette augmentation est une bouffée d'oxygène qui va renforcer le pouvoir d'achat des citoyens à l'approche du Ramadan et de la rentrée scolaire», se réjouit un membre du conseil d'administration de la confédération.
Toutefois, il convient de rappeler que l'application du smig relève encore de la science-fiction dans un important pan de l'économie nationale, particulièrement l'informel. Des employeurs véreux recourent à une panoplie d'artifices pour contourner le smig. «Ils évitent de déclarer leurs employés. Certaines sociétés d'intérim et de gardiennage ne respectent pas cette obligation. D'autres sous-déclarent leurs employés ou ne respectent pas la durée légale du travail. Et beaucoup d'entreprises préfèrent recourir à la formule du travail à la pièce ou à la tâche plutôt que de payer leurs salariés selon la durée légale du travail. 40% des salariés déclarés à la CNSS perçoivent un salaire mensuel d'à peine 500 DH», explique un membre de la CGEM.
Chaïbi saisit au vol la publication au BO du décret d'application de la revalorisation du smig pour rappeler les autres chantiers sur lesquels le gouvernement devrait trancher dans les plus brefs délais. Parmi ceux-ci, le droit de grève, la double indemnisation en cas de licenciement abusif. «Normalement, l'employé licencié a droit à une indemnisation plafonnée à 36 mois, à raison de 1,5 mois par année d'ancienneté. Mais certains juges y intègrent la notion de dommages-intérêts, ce qui donne parfois lieu à des indemnités faramineuses», regrette le dirigeant de la CGEM. Autre grief de la CGEM contre le Code du travail dans sa mouture actuelle, l'obligation imposée aux entreprises de 50 salariés et plus de faire appel à un médecin du travail conventionné. Or, pour Chaïbi, c'est une mesure irréaliste. «Les entreprises n'ont pas les moyens suffisants pour s'offrir les services d'un médecin du travail». Chaïbi préconise la mutualisation. En effet, «les entreprises pourraient se mettre à plusieurs pour s'offrir les services d'un spécialiste de la médecine du travail». Le vice-président de la CGEM évoque également le problème des travailleurs intérimaires qui deviennent titulaires au bout de six mois d'activité. De plus, le Code du travail, selon les responsables, est inadapté pour le cas des travaux saisonniers, comme dans les stations d'emballage des agrumes par exemple.
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Textile en quatre temps
La deuxième augmentation prévue par les accords du dialogue social entre le gouvernement Abbas El Fassi et les principales centrales syndicales est de l'ordre de 5% dès le 1er juillet 2009. Le smig sera alors fixé à 10,64 DH dans les secteurs cités précédemment. Le smag atteindra, lui, 55,12 DH.
S'agissant du secteur du textile, et en raison de ses difficultés, la hausse du taux horaire s'effectuera en quatre temps: 2,5% en juillet 2008 (9,90 DH), idem en juillet 2009 (10,14 DH), en juillet 2010 (10,39 DH) et en juillet 2011 (10,64 DH).
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