En librairie le 25 octobre 2007
A l'occasion de deux grandes expositions des oeuvres de Mahi Binebine : à partir du 19 octobre à la galerie nationale de Rabat, puis en mars 2008 à Paris à la Galerie Nationale Enrico Navarra, les éditions de l'Aube s'associe à des éditeurs marocains pour publier une monographie de sa peinture, souvent récompensée et dont plusieurs toiles font partie du fonds du musée Guggenheim de New York.
Plus de 300 reproductions de peintures de Mahi Binebine sont accompagnées de nombreux textes d'écrivains, d'artistes amis et de spécialistes de la peinture :
Lisa Dennison (préface), directrice du Guggenheim de New York ; Rosa Martinez, commissaire générale de la Biennale de Venise 2007 ; Felix Duque, philosophe ; Juan Barja, directeur du Circulo Bellas Artes à Madrid ; Nancy Huston, écrivain ; Abdelwahab Meddeb, philosophe ; Zakya Daoud, écrivain ; Sapho, chanteuse et écrivain ; Charo Crego, critique d'art ; Mohamed Rachdi, critique d'art et commissaire d'exposition (fondateur du RARE).
Mahi Binebine
Peintre et romancier, Mahi Binebine en 1959 à Marrakech. Il vit aujourd'hui au Maroc. Il a exposé ses toiles dans le monde entier, et notamment à New York, Paris, Casablanca, Rome, Madrid, Barcelone… Il a publié de nombreux ouvrages dont :
Le griot de Marrakech (l'Aube, 2006) ;
Cannibales (l'Aube poche, 2005) ;
Pollens (Fayard, 2001, prix de l'Amitié franco-arabe) ; Terre d'ombre brûlée (Fayard, 2004) ;
Le sommeil de l'esclave (Stock, 1992, prix Méditerranée) ;
L'ombre du poète (Stock, 1997).
Ecrivain et peintre, Mahi Binebine puise son inspiration au cœur du Maroc, qu'il a retrouvé l'année dernière après plus de vingt ans d'absence. Et c'est à Marrakech, sa ville natale, qu'il s'est aujourd'hui installé.
Ses toiles vous envahissent, ses couleurs - un rouge que l'on ne trouve qu'à Marrakech, un bleu Majorelle - vous sautent au visage... Puis des masques de papier mâché, surgis de la terre, s'accrochent à votre mémoire. « Le masque représente l'Afrique, dit-il. Là-bas, il n'est pas destiné à cacher mais à révéler, à exposer. Pour moi, il est tout ce que la bouche ne dit pas. » Indéniablement, sa peinture est ancrée dans cette Afrique - et singulièrement le Maroc - qui ne l'a jamais quitté dans son tour du monde. En 1980, Mahi Binebine arrive à Paris. Il rêve de devenir musicien, mais ce sont les mathématiques qu'il étudie, puis enseigne. Tant pis pour ses projets artistiques et son goût pour la bohème… Il les met de côté pour se concentrer sur les chiffres et les équations. Mais on ne se défait pas aussi facilement de ses rêves. En 1992, il publie un premier roman « Le Sommeil de l'esclave », inspiré de son enfance à Marrakech et d'une femme esclave « héritée » à la mort du grand-père. Il se souvient alors du Riad Zitoun, au cœur de la médina, la maison familiale dans laquelle il a grandi avec sa mère et ses sept frères et sœurs. Une enfance modeste, mais qui l'a ouvert aux autres et a affiné sa sensibilité. À l'époque, il ne voit son père qu'occasionnellement. Pendant plus de trente ans, ce « savant », ce « théologien », comme il l'appelle, a veillé sur Hassan II, attendant qu'il s'endorme pour partir, et revenant avant son réveil… Après Paris, ce sera New York, où dès 1994 il se consacre à ses deux passions : la peinture et l'écriture. « C'est une même démarche. L'écriture se fait à travers de petites touches à l'intérieur qui permettent de restituer l'image, alors que la peinture est la création d'une image qui permet d'accéder à l'intérieur. »
De lui, l'historienne de l'art Karin Adrian v.Roques écrit d'ailleurs : « Des masques expressifs posés sur des toiles, des couleurs d'une luminosité magique, voilà ce qui rend les tableaux de Mahi Binebine attirants et attachants. Mahi Binebine est un peintre, un poète. Ses tableaux racontent des histoires, ses histoires peignent des tableaux ». C'est le peintre qui sera le premier consacré : le Guggenheim Museum lui achète des toiles pour sa collection permanente. Avec femme et enfants, il s'installe alors à East Hampton, dans Long Island. La maison que lui prête son frère est un lieu idéal pour la création : perdue dans la forêt, toute en vitres, neuf mètres de plafond… « Je me suis pourtant dit qu'il était un peu tôt pour prendre ma retraite… Les petits bistrots parisiens me manquaient. Tous les jours, j'écoutais RFI, je recevais "Le Monde" ». C'est donc le retour à Paris en 1999. Entre temps sortent trois romans, « Les Funérailles de lait », « L'Ombre du poète » et « Cannibales ».
Tous prennent racine dans ce Maroc qui ne le quitte pas. Sa décision de revenir est prise en 2002. « Le Maroc, je l'ai en moi, dit-il. Je vis bien de mon travail, mais je ne peux pas faire autrement. C'est comme si je devais rendre justice au peu de talent que Dieu m'a donné…» Et c'est tout naturellement qu'il choisit la ville qui l'a vu grandir : Marrakech. Ici, et malgré ses nombreuses expositions dans les lieux les plus prestigieux du monde entier, le peintre est presque un inconnu. L'écrivain, lui, n'a plus à faire ses preuves : ses romans font partie des classiques et sont étudiés à l'Université. Sa première exposition à Marrakech a eu lieu l'année de son installation. Et si, pour poser ses valises, il a choisi une jolie villa à la sortie de la ville, il n'en oublie pas pour autant ses racines : « Je vais souvent me promener en médina, du côté du Riad Zitoun. Je suis allé une fois jusqu'à la porte, mais ne suis pas entré.
J'y vais par petites touches… J'ai appris qu'il avait été repris par des Français et transformé en maison d'hôtes. Un jour, j'irai dormir là-bas. » Pour le moment, il s'occupe de ses expositions, huit pour l'année 2003, tandis que quatre sont déjà en préparation, principalement à Rome, Saragosse et Marrakech.