Cette réunion, qui se tient en collaboration avec l'Institut danois pour les droits de l'Homme et le Centre national des droits de l'Homme d'Amman, vise à engager un dialogue entre les deux régions autour du respect et de la promotion des droits de l'Homme, à travers l'échange des expériences et les actions de plaidoyer aussi bien au niveau national que régional.
Intervenant à cette occasion le président du CCDH, M. Ahmed Herzenni a indiqué que les causes de la migration et les dangers et violations auxquels sont confrontés les migrants interpellent les institutions nationales des droits de l'Homme qui ont un rôle à jouer pour contribuer à la protection des droits de ces personnes.
En dépit de la protection garantie à la fois par les principes du droit international et les mécanismes relatifs aux droits des migrants, le fossé persiste encore entre ces principes et leur application, a-t-il déploré, stigmatisant les conditions des migrants qui font face à la discrimination, au racisme et à des problèmes d'intégration et d'identité culturelle.
M. Herzenni a rappelé les efforts considérables déployés par la communauté internationale lors des cinquante dernières années en matière de protection des droits des migrants qui ont contribué à la concrétisation des principes de la Déclaration universelle des droits de l'Homme, rappelant dans ce sens la convention des Nations Unies sur la protection des droits des travailleurs migrants et des membres de leurs familles.
Il a appelé, à cette occasion, l'ensemble des pays à adhérer à cette convention pour lui conférer la force juridique, à l'instar des autres conventions, dans le but de promouvoir et protéger les droits des ouvriers migrants et leurs familles.
Pour sa part, le président du Conseil de la communauté marocaine à l'étranger (CCME), M. Driss El Yazami, a souligné que "la question migratoire est devenue malgré sa relative faiblesse démographique (les migrants ne constituent que 3 pc de la population mondiale) une des questions essentielles de l'agenda politique et social international, mais aussi national".
Il a, par ailleurs, rappelé que "le Maroc s'est engagé dans plusieurs chantiers dont celui de créer un cadre adéquat pour ses ressortissants établis à l'étranger et qui constituent aujourd'hui près de 10 pc de sa population totale".
M. El Yazami a, à cet égard, évoqué les missions accomplies par le CCME en matière de protection des droits des migrants, soulignant que ce Conseil a pour objectifs "de resserrer les liens de coopération entre le Maroc et les pays d'accueil tant au niveau des sociétés qu'au niveau gouvernemental".
De son côté, le directeur exécutif de l'institut danois pour les droits de l'Homme, M. Morten Kjaerum, a mis l'accent sur le rôle joué par les institutions nationales de protection des droits humains, soulignant que cette rencontre constitue une opportunité pour s'enquérir des expériences de certains pays, relatives à ce domaine.
Pour sa part, le commissaire général du centre national des droits de l'Homme en Jordanie, M.Chaher Bak, a souligné la nécessité d'engager un dialogue entre les pays d'origine et ceux d'accueil en vue de parvenir à des solutions idoines à la problématique de la protection des droits des migrants.
La rencontre, qui fait suite à deux autres organisées successivement sur les questions du terrorisme (en Jordanie) et de la discrimination (au Danemark), s'articule autour de plusieurs axes, à savoir "la législation internationale, régionale et nationale relative à la protection des migrants : état des lieux, opportunités et défis" et "la mise en application des droits des migrant et le rôle des institutions nationales dans la promotion et la protection de leurs droits".
Cette rencontre de trois jours connaît la participation des institutions nationales des droits de l'Homme en France, Irlande, Danemark, Jordanie, Egypte, Suisse, Norvège, Allemagne, Grèce, Palestine, Algérie, Qatar, Tunisie Arabie Saoudite, Yémen Mauritanie, Pays-Bas et en Suède.
MAP