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Maroc : Les derniers conteurs de Jemaâ El Fna à Marrakech



L'Unesco est intéressée par la préservation de ce patrimoine immatériel marocain.



Maroc : Les derniers conteurs de Jemaâ El Fna à Marrakech
Les fameux conteurs de la célèbre place Jemaâ El Fna de Marrakech, espace culturel classé en 2001 par l'Unesco parmi les chefs-d'œuvre du patrimoine oral et immatériel de l'humanité, sont en voie de disparition.

« Le destin des conteurs, c'est l'extinction », déclare sans ambages Abdelhay Nafiî, responsable de « l'Association des professionnels de la halqa pour le spectacle et le patrimoine » ; la halqa désignant le cercle des spectateurs autour du conteur.

« En 1970, il existait 18 conteurs, aujourd'hui, il n'en reste plus que sept », affirme Mohamed Bariz, l'un des derniers survivants.

Ce formidable narrateur des Mille et une nuits et des grandes épopées arabes avoue ne se rendre que très rarement à Jemaâ El Fna, où il s'installe en général pour « expérimenter des adaptations orales de textes littéraires contemporains »

« La télévision, notamment les dessins animés, remplacent les contes que les parents racontaient lors des veillées à leurs enfants, et qui les faisaient rêver », dit-il. « Les jeunes ne veulent pas prendre la relève : ce métier est ardu à apprendre et rapporte peu. C'est beaucoup plus dur que le chant ou la percussion car il faut capter l'attention des auditeurs avec les mots », explique-t-il.

Une polémique a opposé certains conteurs à la mairie de Marrakech, par voie de presse, sur de supposées « primes » de l'Unesco destinées à être versées aux conteurs.

« Nous gagnions bien notre vie avant que ne l'Unesco s'intéresse à cette place, car après chaque épisode d'un conte, le public se montrait généreux. Maintenant, ils nous rétorquent : vous êtes payés et par l'Unesco et par la mairie », indique le conteur.

Or aucune rémunération n'a été attribuée, assure à l'AFP Philippe Queau, directeur du bureau de l'Unesco à Rabat. « Nous n'avons accordé aux conteurs aucune subvention d'ordre pécuniaire. Ce que nous avions financé, ce sont des opérations pédagogiques dans les écoles de la région de Marrakech, auxquelles certains conteurs ont participé à titre individuel », précise-t-il.

«L'Unesco est très intéressée par la préservation du patrimoine immatériel de la place Jemaâ El Fna », affirme M. Queau. « Mais les mesures de protection, c'est à l'Etat marocain de les prendre, et à sa demande, nous pourrions intervenir à un niveau technique » poursuit-il.

Pour le conteur Mohamed Bariz, si l'on veut sauver cet art séculaire, il faut créer une école pour former de jeunes conteurs et leur octroyer un « salaire mensuel symbolique » et une couverture médicale.


Medi1sat

A. K.



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