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Maroc-Belgique : Tourisme, Le Maroc en difficulté sur le marché belge
· Trop chère, la destination se rattraperait avec la montée du balnéaire
· A fin février, les nuitées reculent de 9% dans les établissements classés
C'est un grand voyageur et un gros consommateur de circuits. Le touriste belge est également connu pour son exigence en termes de qualité. L'hôte doit saisir ses spécificités culturelles et linguistiques et y apporter des réponses individualisées. Un challenge que le Maroc n'a pas entièrement réussi et mise aujourd'hui sur le retour de l'étude des sept marchés européens, dont la Belgique, pour relancer les flux touristiques. Sur les quatre dernières années, les arrivées de touristes belges au Maroc se sont accrues de 56%, une croissance importante selon l'Office national marocain du tourisme (ONMT). En 2007, 164.423 touristes belges ont séjourné au Maroc contre 125.890 en 2005. Le marché belge représente à peine 4% des arrivées touristiques au Maroc, rappelle Othmane Cherif Alami, président de la Fédération nationale du tourisme.
Traditionnellement, la Belgique est un marché difficile. Au déficit d'image, s'ajoutent la faiblesse de la compétitivité de la destination et l'agressivité d'une concurrence omniprésente et qui déploie une artillerie lourde en matière de promotion. Turquie, Portugal, Tunisie, Egypte… Les premières indications de l'année confirment les difficultés du Maroc sur le marché belge: à fin février 2008, les nuitées réalisées par les touristes belges dans les hôtels classés enregistrent une décrue de 9%. Cette baisse doit cependant être relativisée car elle cache probablement l'impact des touristes qui empruntent les low-cost, dont beaucoup ne séjournent pas dans les hôtels. C'est ce qui explique en partie la croissance du trafic de Jet4you au départ de la Belgique qui contraste avec le recul des nuitées dans l'hôtellerie.
Dans ses chiffres, l'Office du tourisme n'inclut pas la diaspora marocaine (MRE) contrairement à la comptabilité officielle. Les MRE, très nombreux en Belgique, font l'objet d'une compétition acharnée entre les transporteurs aériens, Jet4you et Royal Air Maroc. Cette diaspora, qui peut être un atout, est pour l'instant peu ou mal utilisée pour stimuler la demande vers la destination.
Les obstacles sur le marché sont légion. Le premier, mais qui ne fait pas l'unanimité des opérateurs, est lié au problème de communication, explique Faouzi Zemrani, président de la Fédération nationale des agences de voyages du Maroc (Fnavm). L'offre gagnerait aussi à s'adapter. «Les touristes belges, ou du moins une partie d'entre eux, sont à la recherche de produits «all in one» que nous n'alignons pas suffisamment dans la vitrine faute d'infrastructures», affirme Zemrani.
Malgré une amélioration de l'accessibilité de la destination, les touristes sont contraints de passer par Casablanca et partir de Bruxelles ou Charleroi. Au contraire des grands foyers de la demande, tels que la France ou l'Italie, il n'existe pas encore de liaison directe entre les grands pôles touristiques marocains et les villes belges. Et en plus, les tarifs moyens sont peu compétitifs par rapport à ce qui est pratiqué par la concurrence, observe un professionnel.
Autre explication, la troisième génération de résidents marocains, une jeune population qui privilégie d'autres destinations. Pour d'autres opérateurs, le niveau «moyen» des arrivées de touristes belges est attribué à la stratégie de communication. Amal Karioune, directeur général de Majestics Tours, affirme que «les Belges ne connaissent pas bien le Maroc en raison d'un déficit de communication». Une pierre dans le jardin de l'ONMT. Même son de cloche auprès de Cherif Alami pour qui «le marché belge monte en puissance et il est donc important d'y être présent». Présent mais pas de manière symbolique, c'est-à-dire en y mettant les moyens. «Il faut un plan spécifique par marché et un pilotage permanent de manière à avoir de la visibilité pour attaquer les différents marchés», affirme le président de la Fédération du tourisme.
Pour l'heure, la stratégie Maroc devrait être adaptée et s'aligner sur les sept familles de clientèle identifiées par l'étude de marché dont les conclusions ont été présentées, le mois dernier à Casablanca, aux professionnels par le management de l'ONMT. Il ne reste qu'à passer à l'action.
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Dans l'attente d'un rebond
Le rebond de l'activité pourrait venir avec l'arrivée sur le marché des stations balnéaires. Une stratégie basée sur des segments de touristes est en place: des produits destinés à la catégorie qui privilégie le balnéaire et le culturel, d'autres visent les personnes à la recherche de destinations nouvelles et d'autres ciblent ceux qui préfèrent être en dehors des sentiers battus. Saad Bezzate, directeur de la délégation de l'office à Bruxelles, indique que «les touristes belges sont ciblés en fonction de profils dressés par l'office et qui permettent de mettre à disposition une palette de produits».
Dans sa stratégie, l'ONMT met l'accent sur la notoriété de la destination à travers des campagnes de communications institutionnelles. L'an dernier, l'office a lancé une campagne télévisuelle, reprise en septembre et octobre 2007 puis en février-mars et avril 2008. Cette campagne reposait sur un mix télévision, presse magazine et habillage de tramways aux couleurs du Maroc ainsi que l'affichage. En revanche, celle de 2008 consiste en un mix média: télévision et insertions publicitaires dans la presse quotidienne et dans la presse magazine.
Des actions sont également mises en place, notamment à travers le référencement auprès de TO, tels que Thomas Cook et Jet Air, avec lesquels l'ONMT a signé des plans triennaux. L'office envisage de développer des partenariats avec la distribution en 2008. «En Belgique, une grande majorité des réservations est réalisée par les agents de voyages, ces derniers étant incontournables auprès de la clientèle», explique le délégué de l'ONMT à Bruxelles. Le mois dernier, une opération nommée «Les experts du Maroc» a été lancée par l'office, elle cible aussi bien la distribution que le grand public. Son objectif est de renforcer l'image de la destination auprès des voyagistes et, par ricochet, pousser les distributeurs à prescrire le Maroc à leur clientèle. Les agences qui participeront à l'opération seront labellisées «Experts du Maroc». Cela suffira-t-il à relancer la demande?
Leconomiste.com
1. Posté par
Assou
le 20/04/2008 13:33
La baisse des nuitées estimées dans les établissements d'hébergement classés en février 2008 (-5%) s'explique notamment par les résultats négatifs affichés par les marchés français (-14%), belge (-29%) et britannique (-8%).
2. Posté par
Michel Ghesquière
le 03/05/2008 17:37
L'ONMT souhaitait accueillir le Congrès de l'UPAV, mais....
Pour son Congrès 2008, l'UPAV, l'Union professionnelle des agences de voyages (AGV) belges francophones risque bien, soit de se retrouver gros jean comme devant, soit de devoir faire un congrès plus que minimaliste.
Voici le texte intégral du communiqué que l'association professionnelle a envoyé à ses membres.
« Plusieurs mois avant notre Congrès de Séville, nous avions été approchés par un Office de Tourisme qui souhaitait accueillir l'UPAV pour son Congrès. Plusieurs contacts ont eu lieu et une offre a été faite à l'UPAV pour notre Congrès 2008. En droit commercial, on appelle cela un accord sur la chose et sur le prix…. Et chez nous… un engagement pris.
Le Directeur de cet Office de Tourisme a même tenu à nous rejoindre à Séville, le dernier jour de notre Congrès, pour présenter lui-même la destination à tous les membres présents, en y réservant tous les effets de manche nécessaire et en expliquant combien son pays, et les autorités qu'il représentait, seraient honorés et heureux d'accueillir ainsi les agents de voyages membres de l'UPAV.
Les semaines, et puis les mois… ont passé et, à la mi-décembre, et en dépit de multiples rappels à l'ordre, aucun des engagements pris n'avait été confirmés officiellement par le Directeur de notre Office de Tourisme…. Lors d'une réunion au début du mois de janvier, et face à son incapacité à répondre officiellement aux engagements pris sur base de notre cahier de charges, ce dernier nous a alors « conseillé » de nous rapprocher d'un de ses compatriotes, Tour Opérateur présent en Belgique et opérant sur la destination !!!
Soucieux d'essayer par tous les moyens de pouvoir vous garantir la destination qui vous avait été « promise » à Séville, nous avons joué le jeu et repris la négociation à zéro, et ce pendant plus de 2 mois… pour arriver finalement à la conclusion que nos 2 exigences principales à savoir que tout le monde soit acheminé par un seul et même vol et que tous les participants au Congrès soient hébergés dans un seul et même hôtel, ne pouvaient être garanties.
Une négociation de la dernière chance a alors été initiée, à l'initiative d'un TO « ami de l'UPAV », mais en dépit de tous les efforts consentis et de toute la bonne volonté mise autour de la table, le problème de l'acheminement ne put être résolu de manière satisfaisante.
Dès lors, compte tenu de tout ce qui précède, et plutôt que de prendre le risque de ne pas pouvoir vous garantir un Congrès à la hauteur de vos attentes et (surtout) à la hauteur de ce qui a été réalisé ces dernières années, l'UPAV a décidé de faire l'impasse sur 2008 et de renoncer à organiser un Congrès dans la forme habituelle. Néanmoins, et conscients de ce que les aspects « formation » mis en place depuis 4 ans répondaient à vos attentes, nous avons pris la décision, pour 2008,d'étudier la possibilité d'organiser le Congrès de l'UPAV sous la forme d'un week end de formation qui se déroulerait sur 2 journées, en un lieu non encore choisi, mais néanmoins pas trop éloigné de notre pays. »
Remise dans un contexte plus neutre et surtout plus exact
L'Office de Tourisme mis en cause est celui du Maroc quant au TO ami, il s'agit du voyagiste leader qualitatif en Belgique de la destination : AB Tours. Autre info complémentaire, pour le Congrès 2007, le Maroc et plus précisément Ouarzazate avait déjà été présenté avec une offre globale en concurrence à celle de Séville. Proposition que l'UPAV avait déclinée, fin avril, début mai, en optant pour la ville espagnole. Pour la petite histoire, l'ONMT, avait réussi, preuve de sa souplesse, à replacer son organisation au pied levé auprès du plus important GIE belge Selectair.
Au moment d'opter pour Séville, l'UPAV avait demandé au Maroc de pouvoir malgré tout organiser son Congrès 2008 comme il avait été plus ou moins convenu. Ne tenant pas compte du changement de décision de l'association professionnelle, l'Office de Tourisme avait accepté mais en oubliant de spécifier que les tarifs seraient indexés.
L'ONMT a donc fourni une nouvelle proposition : Agadir avec un lieu de Congrès commun mais des logements dans 4 établissements différents le tout avec acheminement garanti dans un cadre budgétaire très serré. Selon nos sources, le cahier des charges prévoyait un budget global de 350 euros dont 300 rien que pour le transport.
Comme les responsables de l'UPAV exigeaient que le logement et que les réunions aient lieux dans le même lieu, l'ONMT, pour des raisons évidentes de neutralité commerciale, a conseillé aux organisateurs de demander à un réceptif local ou à un TO belge de reprendre les opérations acheminement et logement.
L'ONMT garantissant de son côté l'ensemble des prestations locales promises. Le TO belge AB Tours ayant réussi à satisfaire en partie les exigences de l'association professionnelle avec deux établissements, restait la partie transport. Mais malheureusement le budget transport était vraiment trop serré.
Même les compagnies aériennes des deux grands groupes (Jetair et Thomas Cook) ont du décliner. Selon l'un de nos informateurs, pour l'une de ces compagnies, les dates ne convenaient pas et il aurait été impossible de laisser l'appareil en parking, ou d'effectuer deux vols à vide à cette période de l'année.
En tout état de cause…
Pour 2008, sauf miracle, le congrès de l'UPAV sera donc minimaliste comme il l'est expliqué de le communiqué de l'organisation.
http://www.tourmag.com/UPAV-2008-vers-un-congres-minimaliste-_a25795.html
http://www.tourmag.com/UPAV-2008-vers-un-congres-minimaliste-_a25795.html
3. Posté par
BERGO
le 04/05/2008 17:35
Les experts du Maroc sont ils incapables de tenir un congrès ?
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