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Maroc - Automobile :Droits de douane, à qui profite la baisse?

· Les importateurs blâment les constructeurs

· L'euro fort rognent les marges des concessionnaires



Maroc - Automobile :Droits de douane, à qui profite la baisse?


Depuis le 1er mars 2007, la baisse des droits aux frontières sur les véhicules neufs importés de l'Union européenne s'est accélérée sur décision du gouvernement afin d'élargir la motorisation des ménages et, au passage, favoriser le renouvellement du parc automobile. Le palier du démantèlement des droits à l'importation est passé de 3 à 15% l'an. Cette année, le taux maximal appliqué aux voitures neuves est de 52% (voir détails dans le tableau). Au 1er mars 2012, il passera à 0% conformément à l'esprit de l'accord d'association avec l'Union européenne.
En partant d'une base de 32,5%, applicable avant mars 2003, ces réductions ont déjà fait fondre presque la moitié des droits qui frappaient les voitures neuves à l'entrée au Maroc. Cependant, ces réductions ne se ressentent pas toujours avec la même proportion sur les prix de vente au client final, ce dont se défendent les concessionnaires qui ont tendance à «noyer le poisson» à travers des promotions récurrentes. Les marchands de voitures ne sont pas les seuls mis en cause. Une polémique sur la rétention des marges a surgi au début de l'année, le gouvernement s'étonnant que la baisse des droits de douane n'arrive pas dans le porte-monnaie du consommateur. «Il faut comparer le comparable ; ce qui est sûr, est que les prix de vente des véhicules automobiles ont baissé à équipement et technologie constants», argumente Abderrahim Benkirane, président de l'Association des importateurs des véhicules automobiles du Maroc (Aivam). Pour lui, «le client marocain bénéficie du juste prix». La hausse de la devise européenne devrait aider les importateurs des voitures européennes. Le renchérissement de l'euro se traduit mécaniquement par la baisse des droits de douane. Mais, selon le président de l'Aivam, «l'envolée de l'euro a clairement impacté la marge des importateurs des véhicules provenant de la zone euro», martèle-t-il, avant d'ajouter que «nous achetons plus cher sans pour autant répercuter nécessairement les hausses sur le prix de vente public».
Le différentiel des prix dû au régime des droits de douane n'est pas négligeable. Pour les citadines et les berlines d'origine asiatique, les nouveaux modèles arrivant sur les marchés, seraient en moyenne 3 à 5% plus chers que ceux qui sont en voie d'extinction. A cela, il faut ajouter le coût du fret qui continue d'augmenter. Mais tous ces facteurs réunis ne justifient pas l'insensibilité des prix de vente au démantèlement douanier. Les importateurs marocains ont une explication. Pour eux, les choses sont claires: ce sont leurs fournisseurs qui se «sucrent» sur le dos du consommateur. Renault, Peugeot et autre Volkswagen apprécieront.
Le président de l'Association des importateurs de véhicules du Maroc n'y va pas par quatre chemins: «Ce sont les constructeurs qui profitent de la baisse des droits de douane, en augmentant les prix départ usine pour améliorer leur rentabilité sur la destination Maroc». «Ceci compense les efforts en termes de prix accordés par ces constructeurs pendant de longues années lorsque les droits de douane étaient prohibitifs», tempère-t-il aussitôt.
Le démantèlement douanier est un discriminant qui joue en faveur des véhicules d'origine européenne mais il n'a pas pour autant empêché la percée des marques asiatiques sur le marché. Même si ces dernières payent presque le double que les voitures européennes, elles restent néanmoins compétitives. Le succès des Coréennes et des Japonaises en est la preuve tangible. Les possibilités d'optimisation sont diverses. Les grands constructeurs, notamment les Japonais qui possèdent des usines en Europe, peuvent utiliser le levier du sourcing en approvisionnant leurs partenaires marocains du Vieux continent.
Le vœu des professionnels est d'étendre le régime douanier appliqué aux véhicules européens à toutes les importations, quelle que soit leur origine. Vu que près de 80% des voitures vendues au Maroc sont européennes, le manque à gagner serait supportable.

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Trois questions à Abderrahim Benkirane, président de l'Aivam

- L'Economiste: Pourquoi la baisse des droits de douane n'impacte-t-elle pas les prix de vente des voitures?
- Abderrahim Benkirane: De manière générale, les constructeurs profitent de la baisse des droits de douane pour améliorer leur rentabilité sur la destination Maroc en augmentant les prix départ usine. Ceci compense les efforts en termes de prix accordés par ces mêmes constructeurs pendant de longues années lorsque les droits de douane étaient prohibitifs. Ceci se fait, bien entendu, en bonne intelligence, entre toutes les parties concernées et tout en respectant les contraintes du marché.

- Donc, les prix de vente restent insensibles au démantèlement douanier.
- Il faut comparer le comparable. Ce qui est sûr, c'est que les prix de vente des véhicules automobiles ont baissé à équipement et à technologie constants. En outre, la multitude des promotions et d'offres diverses est aussi une façon de vendre moins cher. En somme, le client marocain bénéficie, concurrence et bon sens économique obligent, du juste prix.
- Quel est l'impact de la hausse de l'euro sur l'activité des importateurs?
- L'envolée de l'euro a clairement impacté la marge des importateurs des véhicules provenant de la zone euro. Nos achats deviennent plus cher sans pour autant répercuter les hausses sur les prix de vente publics. Préserver la rentabilité est devenu un exercice complexe. Toutefois, la parité est un élément exogène que nous nous employons fortement à gérer, comme toutes les autres contraintes liées à la gestion globale de l'entreprise.


Leconomiste.com

Samedi 10 Mai 2008
A. K.



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