S'exprimant lors d'une conférence-débat sur le thème "Maroc : croissance économique et développement humain", organisée mercredi à Paris par le Haut commissariat au Plan, Michel Rocard a souligné que les marocains sont porteurs de "modernisme, non seulement du monde arabe, mais aussi de la culture islamique" et qu'à ce titre, ils doivent se considérer "en offensive".
"Les marocains ne doivent pas se sentir marginalisés et esseulés, parce qu'ils mènent une aventure un peu particulière en matière de développement socio-économique", a souligné l'orateur, appelant les marocains à "ne pas se replier sur eux-mêmes, du fait qu'ils mènent une expérience mal comprise ou isolée du reste du monde arabe".
L'ancien Premier ministre français a également souligné que le Maroc, monarchie où le souverain est commandeur des croyants, compte parmi les pays dont l'équilibre social et la situation économique interne sont moins mauvais.
"Je ne peux pas entendre dire que 97% des Marocains font confiance à leur religion, sans dire que le commandeur des croyants a un intérêt stratégique à faire réfléchir les ouléma sur la chariâ et la vie économique", a relevé l'ancien premier ministre français lors de cette conférence organisée en partenariat avec le Conseil français d'Analyse Economique.
"On a besoin qu'à l'université d'Al Azhar, l'économie moderne et l'économie du marché soient au centre des débats. Et il n'y a que les Marocains qui peuvent promouvoir l'idée ", a-t-il estimé.
MAP