Le Conseil de la Communautés Marocaine à l'Etranger (CCME) vient de tenir sa première séance plénière les 6 et 7 juin 2008 à Rabat.
Si la Communautés marocaine à l'étranger avait accueilli très favorablement les discours Royaux portant sur la création du CCME, elle a déploré dans sa quasi-totalité les pratiques et méthodes utilisées par les responsables chargés de ce dossier, dans le cadre des consultations, cooptations et nominations.
Tout le monde est d'accord sur la non représentativité de ce Conseil.
Les dégâts collatéraux de la composition de ce CCME sont énormes. Certains présidents d'associations se sont accommodés de cette nouvelle donne, en espérant par leur silence avoir quelques contreparties en échange. Certains membres ont démissionné de leurs associations pour manifester leurs désapprobations. D'autres n'ont pas hésité à démettre leurs présidents. Les associations sont en voie d'apprivoisement et d'amicalisation. Les pratiques et méthodes condamnées hier, sont réactualisées et adoptées aujourd'hui.
Les mêmes pratiques et méthodes ont caractérisé les tractations, formations des groupes de travaux et désignations des présidents de ces groupes.
L'opacité et l'absence de démocratie sont les traits caractéristiques. Le semblant de dialogue et de consultations est mis en valeur par les dirigeants de ce CCME.
Alors que le Conseil n'avait pas mis sur pieds son règlement intérieur, ni tenu sa première séance plénière, le président avait commencé à constituer des commissions.
Il serait souhaitable que les membres de France du CCME prennent position et assument leurs responsabilités.
La Question centrale de participation politique et de représentativité, une des aspirations phares de la MRE, est reléguée au second plan. Elle est sciemment et volontairement noyée dans d'autres commissions.
Et pourtant la volonté Royale, à travers les différents discours, d'associer la MRE dans l'exercice de sa citoyenneté à travers sa participation et sa représentativité, est claire et nette.
Le discours de l'actuel Ministre délégué auprès du Premier Ministre, chargé de la MRE, ne laisse aucun doute et va dans le même sens.
La volonté de l'actuel président du CCME, d'exclure la MRE de sa participation politique et de sa représentativité est manifeste. Elle se traduite dans ses prises de positions ou interviews. Il n'y a rien à attendre de ce président concernant cette question. Il prône l'enracinement et l'intégration dans les pays d'accueil.
La MRE est sollicitée à participer au développement économique et social. La mobilisation des compétences marocaines à l'étranger en est une des illustrations. Paradoxalement, sa participation politique et sa représentativité posent problème pour l'actuel président du CCME.
Au lieu de mettre en place la dynamique et les mécanismes de faire participer la MRE à l'exercice de sa citoyenneté, le président du CCME confie cette question centrale à une jeune doctorante ou un cercle de sociologues proches de l'actuel président.
Le président du groupe ou de la commission, chargée d'étudier cette question, a été imposée et non élu démocratiquement.
La MRE est avertie. Elle doit régir avant que ça soit trop tard.
Une nouvelle dynamique doit se dessiner. La constitution de groupes de réflexion doit se mettre en place, associant les bonnes volontés non animées par la recherche de quelques avantages ou privilèges, mais plutôt animées par la défense du Maroc et de la MRE.
Communiqué