Les répercussions de la crise financière mondiale seraient-elles à nos portes? C'est à cette question qu'essayeront de répondre les invités de la Smaex. Cette dernière organise aujourd'hui un colloque international avec pour thème: «Nouvelle réglementation bancaire et crise financière: quel impact sur l'économie marocaine?». Un casting très haut de gamme est retenu pour en débattre: Salaheddine Mezouar, ministre des Finances, Abdelatif Jouahri, gouverneur de Bank Al-Maghrib, Moulay Hafid Elalamy, président de la CGEM, Christian De Boissieu, professeur à l'université de Paris I-Panthéon-Sorbonne et président du Conseil d'analyse économique auprès du Premier ministre français et des directeurs de banque: Mohamed El Kettani, PDG de Attijariwafa bank, Khalid Alioua, PDG du CIH, et Brahim Benjelloun Touimi, ADG de BMCE Bank.
«Lors de ce colloque, seront analysées les multiples facettes de cette crise qui est financière, monétaire, pétrolière et, surtout, alimentaire. Le choix de ce thème se justifie principalement par le fait que le cœur de métier de la Smaex consiste à sécuriser les exportations sur un marché mondial marqué par de fortes turbulences», explique Nezha Lahrichi, PDG de la Smaex.
«Des turbulences qui sont loin d'être finies», alerte Christian De Boissieu. Ce dernier affirme que la crise financière se poursuivra pour plusieurs raisons dont, entre autres, le déficit de confiance qui s'est installé entre les banques mondiales. Cela implique que la crise de liquidités est amenée à se prolonger (cf. interview ci-contre).
Quelles incidences sur l'économie du Maroc? Le manque de liquidités de certains donneurs internationaux pourrait se traduire par des cessations de paiement dont les conséquences sur les PME nationales seront des plus désastreuses. Mais, «à l'échelle internationale, il n'y aura pas de récession», rassure De Boissieu. «La forte croissance des pays émergents (Chine, Inde, etc.) viendra sauver la croissance mondiale», affirme-t-il.
En ce qui concerne la réglementation normes Bâle II, sa mise en place viendra certainement réduire les risques (de crédit, de marché et opérationnel) auxquels les banques sont exposées. Toutefois, «ce dispositif est voué à évoluer à la lumière des leçons de l'actuelle crise financière», affirme De Boissieu. En tout cas, les banques marocaines sont déjà en processus d'adoption de cette norme. «Les établissements financiers de la place sont aujourd'hui sur la version simple de Bâle II. En matière de notation du risque, celle-ci s'appuie sur l'évaluation externe des agences de rating», explique Abderrahim Bouazza, directeur de la supervision bancaire à BAM. Il ajoute que «la mise en place d'une version de Bâle II, exigeant des procédures d'évaluation interne du risque, prendra du temps. Les banques devraient naturellement aller vers cette direction, mais ce ne sera pas le cas avant 2010».
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