Les quinze dernières années ont été marquées au Maroc par une intensification des efforts de libéralisation économique et de renforcement de la place du secteur privé dans l'économie nationale. Les jalons de la politique de désengagement de l'Etat ont été établis depuis 1989 avec la promulgation de la loi n° 39-89 autorisant le transfert d'entreprises publiques au secteur privé. Les opérations de privatisation ont effectivement commencé en 1993.
Les objectifs du programme de privatisation sont divers et multiples: modernisation de l'économie marocaine, ouverture sur l'économie mondiale, allégement des charges budgétaires en matière de soutien aux entreprises publiques, amélioration des performances industrielles et financières des entreprises, multiplication des investissements créateurs d'emplois…
1. Recettes de privatisation entre 1993 et 2006
Entre 1993 et 2006, les opérations de privatisation ont engendré une recette globale d'environ 94 Milliards de DH.
Le montant total généré correspond aussi bien aux opérations de transfert de participations et entreprises publiques, y compris celles de la Banque Centrale Populaire (BCP), que celles relatives à l'octroi des licences Telecom.
2. Impacts de la privatisation en matière d'investissement (1993-2006)
Hormis l'impact micro-économique de la privatisation qui concerne l'évolution des situations financière et concurrentielle de chaque entreprise transférée au secteur privé, d'autres impacts à caractère macro-économiques sont à relever, notamment dans les domaines suivants :
2.1. L'investissement direct étranger
Les privatisations ont incontestablement raffermi l'intérêt que portent les investisseurs étrangers à l'économie marocaine puisque leur apport a atteint plus de 67 milliards de dirhams à fin 2006.
2.2. La dynamisation du marché financier
Depuis 1989, année coïncidant avec la première privatisation par le marché, la capitalisation boursière a été multipliée par plus de 83 fois, passant de 5 milliards de DH à 417 milliards de DH à fin 2006.
Ainsi, les opérations de cession en bourse ont amélioré la liquidité et la profondeur du marché financier créant des conditions attrayantes pour les investisseurs.
2.3. Le développement économique et social via le Fonds Hassan II
A fin 2006, plus de 31 milliards de dirhams prélevés sur les recettes des privatisations ont été transférées au Fonds Hassan II pour le développement Economique et Social et servent au financement de projets économiques et sociaux à caractère structurel (infrastructure, promotion sociale, promotion de l'investissement productif etc.).
2.4. Les services aux entreprises et l'activité hôtelière
La privatisation a également favorisé le développement de professions et d'activités nouvelles liées aux services financiers (banques d'affaires, OPCVM, sociétés de bourse….).
En plus, l'un des objectifs de la privatisation des hôtels était de favoriser l'amélioration de leur classement, leur modernisation et leur développement.
2.5. Les procédures et les systèmes de gestion des entreprises
La privatisation a entraîné une modernisation des techniques de production ainsi que des procédures de gestion des entreprises transférées au secteur privé.
2.6. L'image du Maroc et la visibilité des entreprises au plan international
Les opérations de privatisation, notamment celles concernant qui les ont suivies, telles Maroc Télécom et la Régie des Tabacs, ont attiré l'attention des milieux d'affaires internationaux et ont contribué sensiblement à renforcer l'image de l'économie marocaine à l'étranger.
Conclusion
Il ressort de ce qui précède que le programme de privatisation mis en place au Maroc, est d'envergure. Ses effets ont été ressentis sur les différents secteurs économiques notamment sur les secteurs bancaire et financier, industriel, énergétique et télécommunications. Au même titre, l'attractivité du Maroc au niveau international s'est considérablement améliorée grâce à l'ampleur des investissements directs étrangers drainés par les opérations de privatisation.
Source: DEPP