
L'ouverture et le dynamisme économique du royaume chérifien attirent et font reculer les parts de marché françaises, même si l'Hexagone, premier client et premier fournisseur du royaume, y conserve une position confortable.
La France est cinq fois première au Maroc : premier pays d'accueil des étudiants marocains, premier fournisseur, premier client, premier investisseur et premier contributeur pour l'aide au développement. » C'est en ces termes que la secrétaire d'Etat au Commerce extérieur, Anne-Marie Idrac, en visite dans le royaume du 14 au 16 février, aime à décrire les relations franco-marocaines. Mais la France, dont les échanges bilatéraux avec le Maroc ont totalisé 6 milliards d'euros en 2009 (voir graphique), est confrontée à une rude concurrence.
En effet, les parts de marché françaises ont reculé depuis le début de la décennie. En cause, la montée en régime de l'Espagne, mais aussi des grands émergents, tels que la Chine. De même, la part française dans l'aide bilatérale a été divisée par deux en dix ans, même si la France reste en tête avec 163 millions de dollars en 2008. Et, dans ce domaine aussi, l'Espagne est en expansion. Une concurrence qu'Anne-Marie Idrac qualifie de « très stimulante » et qui démontre bien l'attractivité du Maroc.
« Le gâteau marocain attire des convoitises », constate ainsi Dominique Brunin, directeur général de la Chambre française de commerce et d'industrie du Maroc. Sous l'effet de multiples accords de libre-échange, le taux d'ouverture du royaume est ainsi passé de 46 % en 1999 à 70 % en 2008. « Le Maroc offre une stabilité macroéconomique, une croissance forte et stable [5 % en 2009, NDLR] et un bon niveau d'infrastructures », explique Fathallah Sijilmassi, directeur général de l'Agence marocaine de développement des investissements.
Extension du port de Tanger Med
Le port de Tanger Med est un exemple particulièrement frappant du dynamisme économique marocain. Opérationnel depuis 2007, ce port, créé ex nihilo à une trentaine de kilomètres de Tanger, ambitionne de devenir le premier d'Afrique en nombre de conteneurs manutentionnés. La péninsule Ibérique, que l'on aperçoit très distinctement depuis l'immense quai de Tanger Med, rappelle la proximité géographique et linguistique du nord du Maroc avec l'Espagne. La Chambre de commerce espagnole de Tanger compte d'ailleurs plus de membres que son homologue française.
Mais les entreprises françaises ne sont pas en reste. La zone franche Tanger Free Zone compte ainsi 170 entreprises françaises - sur 1.200 dans le pays -pour une centaine d'espagnoles. Tandis que Bouygues pilote la construction de Tanger Med II - qui va plus que doubler la capacité totale du port -, Renault construit non loin une usine d'une capacité initiale de 170.000 véhicules, dont la majorité est destinée à l'exportation.
Une présence française indéniable donc, mais que Dominique Brunin voudrait plus équilibrée en faveur des PME, lui qui a coutume de dire que « chaque PME française doit se demander si elle n'a pas quelque chose à faire au Maroc ».
Les Echos.