Attention, les services publics risquent d'être paralysés aujourd'hui. En effet, quatre centrales syndicales ont appelé à une grève de 24 heures (cf. www.leconomiste.com). Il s'agit de l'Union nationale du travail au Maroc (UNMT), la Fédération démocratique du travail (FDT), l'Union syndicale des fonctionnaires affiliée à l'UMT et l'Organisation démocratique du travail (ODT, syndicat créé par des membres dissidents de la CDT).
Outre la fonction publique, cet arrêt de travail touchera les collectivités locales et des établissements semi-publics, tels que l'Office national de l'électricité (ONE), Marsa Maroc, Office national des chemins de fer (ONCF), Poste Maroc… Si ces syndicats ont choisi de déclencher une grève sectorielle aujourd'hui, la CDT, elle, a décidé de “se réserver” pour le 21 mai. Pour faire plus d'effet, puisque la grève se veut générale. «La situation sociale du pays n'a pas besoin de grèves sectorielles. Ça n'a plus aucun sens ni aucun effet. Seule une grève générale constitue maintenant une réponse adéquate», martèle Ahmed Akhmiss, membre du bureau national du Syndicat national de l'enseignement, membre du comité exécutif de la CDT et conseiller démissionnaire de la 2e Chambre du Parlement. Selon le responsable syndical, «cette grève générale constituera un message clair au gouvernement pour l'amener à revenir sur sa politique sociale et économique».
Pour ce qui est de l'Union générale des travailleurs du Maroc (UGTM, proche du parti de l'Istiqlal au pouvoir), elle a choisi de se ranger du côté de Abbas El Fassi, le Premier ministre. En effet, son secrétaire général, Mohammed Benjelloun Andaloussi, estime que «les propositions du gouvernement dans le cadre du dialogue social sont raisonnables» (cf. www.leconomiste.com). Le leader syndicaliste rappelle que «17 milliards de DH ont été accordés par le gouvernement pour améliorer le pouvoir d'achat des travailleurs».
· «Aucune augmentation depuis 2002»
Ce à quoi rétorque Mohamed Yatim: «Le dialogue social n'a même pas satisfait nos revendications minimales qui s'appuient sur une base logique: le pouvoir d'achat des travailleurs s'est détérioré depuis 2 ans. Les classes moyennes et démunies ont vu leur pouvoir d'achat reculer de 2,3% selon une étude de la Banque mondiale». Le secrétaire général rappelle que «les salaires n'ont connu aucune augmentation depuis 2002. Pour les échelles de 1 à 4, les augmentations proposées par le gouvernement ne permettront même pas d'atteindre le Smig. L'Etat est donc hors-la-loi au moment où il exige du privé d'appliquer le salaire minimum». Quid des rapports entre les syndicats grévistes? Tout porte à croire que les syndicats avancent en ordre dispersé. Et ce, malgré les propos de représentants syndicaux, comme Mohamed Benhammou de la FDT qui affirme que la concertation est toujours de mise.
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Taux de participation
Selon la FDT, le mouvement sera largement suivi car la situation sociale et économique s'est détériorée pour tous». On s'attend à une forte participation au mouvement de grève: «80 à 90% », affirme Mohamed Benhammou. Même conjecture chez l'UNTM, appendice syndical du Parti pour la justice et le développement (PJD). «Les fonctionnaires répondent toujours aux appels à la grève parce qu'ils se reconnaissent dans notre mouvement», déclare, pour sa part, Mohamed Yatim, secrétaire général.
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